Les Stoïques (1870)

 

Refeuilleter sans cesse & son âme & sa vie.
André Chénier

Je ne puis feuilleter mes livres, mon trésor,
Sans qu’aussitôt des vers vibrent dans mon oreille :
Tel, par le renouveau dont l’aube s’émerveille,
Aux chants de ses aînés l’oiseau prend son essor.

Ce n’est qu’un loriot, peut-être moins encor,
Dont ainsi l’aile s’ouvre & la voix se réveille,
Mais, artiste naïf à ferveur non-pareille,
Pour lui sa note unique est comme un timbre d’or.

— Vous en qui je retrouve & ma vie & mon âme,
Qui prêtez à mon rêve un peu de votre flamme,
Et vos chants à ma voix, ô poëtes aimés !

Entre mes faibles mains que vos pages demeurent :
L’amour y tient mes vœux les plus chers enfermés,
Et l’espoir m’y sourit & mes regrets y meurent.

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