Les algériennes 1831

ÉPILOGUE

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Que ces chants entre nom soient un secret lien ;
Qu’au nom du sol natal, vos coeurs, femmes de France,
Battent à l’unisson du mien.
Madame Amable Tastu

Allez, chants imparfaits d’une Muse novice !
Puisse mon frêle esquif avoir un vent propice
Dans son passage dangereux !
Plus d’un secret écueil apparaîtra dans l’onde ;
Car je m’en vais errer sur le fleuve du monde
Au gré de ses flots orageux.

Pour oser me livrer à ce fleuve rapide,
Je suis bien jeune, hélas ! ma voix faible et timide
Chante l’hymne de gloire en accords incertains ;
La veille encor mes doigts se jouaient sur la lyre,
Et sa corde, exprimant un folâtre délire,
Murmurait des chants enfantins.

Alors, bien loin de moi ces sujets héroïques !
C’était un blanc nuage aux formes fantastiques,
Une étoile au pâle rayon,
Les bleuets de nos champs, la fleur nouvelle éclose,
Le souffle du zéphyr, une feuille de rose
Et les ailes d’un papillon.

Maintenant je m’essaie auprès de nos poëtes :
Les uns vont réveiller la harpe des prophètes,
D’autres en traits de feu peignent la liberté,
Et ceux-là, franchissant une ligne tracée,
Libérateurs de l’art, délivrent la pensée
Qui reprend son vol indompté.

Les lauriers sont pour eux. Dans ma course éphémère
Un regard, un sourire est tout ce que j’espère.
En admirant sous un berceau
Le chant mélodieux qu’un rossignol répète,
On prête encor parfois une oreille distraite
Aux accens d’un obscur oiseau.

 

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