Rythmes pittoresques

MARIE

À Catulle Mendès.

La jeune fille nazaréenne amoureusement rêve
Elle rêve aux exploits sans pareils
    De l’admirable Jéhovah.

     — C’est lui — dit-elle dans son cœur tremblant —
    Qui exhaussa
Par le seule force de son Verbe
Les murailles d’azur qui supportent son ciel.

C’est lui qui enchaîna la mer farouche
    La mer gémissante éternellement
La mer écumante de sa révolte vaine.

      — C’est lui — dit-elle dans son cœur brûlant —
    Qui délivra
Son peuple choisi de la dure peine
    Au pays d’Egypte, au pays d’exil,

Et c’est son invincible valeur qui triompha
Des Amalécites ennemis de son nom glorieux

La jeune fille nazaréenne amoureusement rêve

Et le poids accablant
D’une Humilité surhumaine
    Fait incliner son front charmant

Or, l’Ange annonciateur paraît à ce moment
Et lui dit : « Salut, Marie,
    Dans tes flancs tu porteras ton Dieu. »

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