Marie Krysinska : Effet de soir
Rythmes pittoresques
EFFET DE SOIR
Et je revis le vieux jardin oublié,
Ingratement oublié, depuis les jours clairs et mono-
tones — d’enfance.
Mais ce ne furent point les souvenirs de ce gris
matin —
Si gris et portant si clair —
Que je retrouvais au fuyant des allées
De ce vieux jardin oublié.
Sur un royal couchant les marronniers étendaient
Leur tapisserie de haute lice.
Ce furent des Midis déments les démentes heures
Et les espérantes Envolées des jours proches —
Si lointains ! —
Qui se levaient ainsi que des Ombres maudites
De leurs tombeaux ;
Et je crus entendre leurs connues antiennes, —
Menteuses antiennes. —
Mais c’était seulement au crapaud
Qui radotait.
Rythmes endormis dans les branches,
Gazon morose !
Heure pleurante comme une veuve,
Contagieuse douleur
Des choses !
Or tandis que j’allais dans tout ce paysage,
Par les Ténèbres conquis ;
Je vis, seules rayonnantes, comme des étoiles
tombées ; —
Comme des étoiles sur le gazon morose, —
Apparition tranquille :
De blanches Chrysanthèmes.