Rêves et réalité (1856)

 

Oh ! sentir sur mon front brûlé par l’insomnie,
Souffler le vent des soirs près des profondes mers,
Cela seul peut calmer ma tourmente infinie
Et rendre plus lointains mes souvenirs amers.

À moi les vents, à moi la nuit, à moi l’orage !
À moi l’horizon noir et les cieux tourmentés !
Il faut autour de moi quelque sombre ravage,
Pour dompter sous le bruit mes esprits révoltés.

Nuit profonde, nuit noire, ô nuit mystérieuse,
Roule-moi sous tes vents, sous tes flots roule-moi !
La tempête en mon sein roule âpre et furieuse,
Sauve-moi de moi-même, ô nuit ! je meurs en toi !

Août

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