Rêves et réalité (1856)

À MA CHÈRE MISS LYDIA G…

DE CHARLESTOWN

Enfant rieuse et douce, ô belle jeune fille,
Quand vous aurez quitté le Nord aux longs hivers,
Et que vous reverrez près de votre famille
Vos cieux éblouissants et vos profondes mers ;
Quand vos regards charmés salueront vos montagnes,
Vos sonores forêts, vos rivages en fleur,
Quand vos pieds fouleront vos splendides campagnes,
Oh ! la main dans la main de vos jeunes compagnes,
Le bonheur et la joie au front et dans le cœur,
    Songerez-vous à l’autre sœur ?

À l’autre sœur d’un jour rencontrée en voyage,
Qui rêve un ciel moins sombre et vous interrogea,
Qui parlait près de vous dans un nouveau langage,
Qui vous aima de suite et vous pleure déjà !
Vous rappellerez-vous ces belles matinées
Où j’écoutais votre âme avec un doux émoi,
Où nos longs entretiens, devançant les années,
Evoquaient les grands noms, les hautes destinées ?
Oh ! si l’hymen bientôt vous convie à sa loi,
    Si loin songerez-vous à moi?

25 février l854

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