Marie Krysinska : La gigue
Rythmes pittoresques
VII
LA GIGUE
Les talons
Vont
D’un train d’enfer
Sur le sable blond.
Les talons.
Vont
Sur le plancher clair
D’un train d’enfer
Implacablement
Et rythmiquement,
Avec une méthode d’enfer
Les talons
Vont.
Cependant le corps,
Sans nul désarroi,
Se tient tout droit,
Comme appréhendé au collet
Par les
Recors.
La danseuse exhibe ses bas noirs
Sur des jambes dures
Comme du bois
Mais le visage reste coi
Et l’œil vert
Comme les bois
Ne trahit nul émoi.
Puis, d’un coup sec
Comme du bois,
Le danseur, la danseuse
Retombent droits
D’un parfait accord,
Les bras le long
Du corps
Et dans une attitude aussi sereine
Que si l’on portait
La santé
De la Reine.
Mais de nouveau
Les talons
Vont
D’un train d’enfer
Sur le plancher clair.