Rythmes pittoresques

VII

LA GIGUE

À Adrien Dézamy.

      Les talons
            Vont
D’un train d’enfer
Sur le sable blond.
      Les talons.
            Vont
Sur le plancher clair
D’un train d’enfer

Implacablement
Et rythmiquement,
Avec une méthode d’enfer
      Les talons
            Vont.
Cependant le corps,
      Sans nul désarroi,
      Se tient tout droit,
Comme appréhendé au collet
      Par les
            Recors.

La danseuse exhibe ses bas noirs
Sur des jambes dures
      Comme du bois
Mais le visage reste coi
Et l’œil vert
      Comme les bois
Ne trahit nul émoi.

Puis, d’un coup sec
        Comme du bois,
Le danseur, la danseuse
Retombent droits
D’un parfait accord,
Les bras le long
      Du corps
Et dans une attitude aussi sereine
Que si l’on portait
      La santé
De la Reine.

Mais de nouveau
      Les talons
            Vont
D’un train d’enfer
Sur le plancher clair.

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