Poésies inédites (1860)

Soir d’été

Le soleil brûlait l’ombre, et la terre altérée
Au crépuscule errant demandait un peu d’eau ;
Chaque fleur, de sa tête inclinait le fardeau
      Sur la montagne encor dorée.

Tandis que l’astre en feu descend et va s’asseoir
      Au fond de sa rouge lumière,
Dans les arbres mouvants frissonne la prière,
      Et dans les nids : bonsoir ! bonsoir !

Pas une aile à l’azur ne demande à s’étendre,
Pas un enfant ne rôde aux vergers obscurcis,
Et dans tout ce grand calme et ces tons adoucis,
      Le moucheron pourrait s’entendre.

Aux Andelys

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