Marceline Desbordes-Valmore : L’espérance
Élégies, Marie, et romances (1819)
L’espérance
Comme une vaine erreur,
Comme un riant mensonge,
S’évanouit le songe
Qui faisait mon bonheur.
O douce chimère !
Si tu fuis sans retour,
Dans ta course légère,
Emporte mon amour !
Ce tendre sentiment,
Cette aimable folie,
Ce charme de ma vie,
Sans toi n’est qu’un tourment !
O douce chimère !
Si tu fuis sans retour,
Dans ta course légère,
Emporte mon amour !
Déjà pour me punir
D‘avoir été trop tendre,
Je consens à te rendre
Un si cher souvenir.
O douce chimère !
Si tu fuis sans retour,
Dans ta course légère,
Emporte mon amour !
Que voulez-vous de moi,
Raison trop inflexible ?
Tourment d’un cœur sensible,
Je cède à votre loi !….
O douce chimère !
Si tu fuis sans retour,
Dans ta course légère,
Emporte mon amour !