Élégies, Marie, et romances (1819)

Les trois heures du jour

Comme un bouton prêt d’éclore,
D’un seul regard de l’Aurore
Attend le bienfait du jour,
Dans l’âge de l’innocence,
Séduite par l’espèrance,
J’attendais tout de l’Amour !

Comme la fleur imprudente
Se plaît à suivre la pente
Qui l’expose aux feux du jour,
Je m’abandonnai, sans guide,
Au penchant non moins rapide
Qui m’entraînait vers l’Amour !

Comme la fleur desséchée,
Pâle et tristement penchée,
S’effeuille au déclin du jour,
Mon soir touche à ma naissance,
Et je pleure l’espérance,
Qui s’envole avec l’Amour !

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