Poésies inédites (1860)

Dans l’été

Un danger circule à l’ombre,
      Au chant de l’oiseau,
Qui descend, dès qu’il fait sombre,
      Se plaindre au roseau.
Alors tout ce qui respire
      Se prend à rêver ;
Et le ruisseau qui soupire
      Semble l’éprouver.

Partout les nids et les ailes
      Tremblent doucement,
Dénonçant des tourterelles
      L’entretien charmant ;
L’été brûle avec mystère
      Dans les lits en fleurs
Des seuls amants de la terre
      Sans blâme et sans pleurs.

Et si trop jeune encore
      Pour fuir un danger,
L’enfant rêveur que j’adore
      S’attarde au verger,
Laisse dans l’errante nue
      Ton charme cruel,
Et sauve l’âme ingénue
      Du plaisir mortel !

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