Malvina Blanchecotte : La morte
Rêves et réalité (1856)
LA MORTE
En retour du bonheur tu donnes la torture ;
En retour de l’amour qui ne demandait rien,
Tu donnes le mépris et tu donnes l’injure :
C’est bien ! c’est bien !
Le souvenir un jour viendra venger la morte,
Tu te rappelleras son humide regard.
Mais le remords railleur dira d’une voix forte :
Trop tard ! trop tard !
Tu te rappelleras cette grave tendresse,
Cette âme dont à peine, hélas ! tu te souviens ;
Et tu crieras alors sous le poids qui t’oppresse :
Reviens ! reviens !
Mais, dans son lit de plomb, la jeune trépassée
Aura trouvé l’oubli de qui la fit souffrir.
Le vent sombre répond sur sa tombe glacée ;
Mourir ! mourir !
1er août