Poésies inédites (1860)

La pauvre fille

À toi le monde ! à toi la vie !
À toi tout ce que l’homme envie !
Mais dans l’ombre et sans me nommer,
À moi le ciel ! à moi le bonheur de t’aimer !

Tu n’en sauras rien sur la terre.
Flamme invisible, en ton chemin
Je vivrai d’un ardent mystère
Sans avoir rencontré ta main.

À toi le monde ! à toi la vie !
À toi tout ce que l’homme envie !
Mais dans l’ombre et sans me nommer,
À moi le ciel ! à moi le bonheur de t’aimer !

Jeune aigle, amour d’une hirondelle,
Qui te cache ses humbles jours,
Va planer loin d’un cœur fidèle
Dont le cri te suivra toujours.

À toi le monde ! à toi la vie !
À toi tout ce que l’homme envie !
Mais dans l’ombre et sans me nommer,
À moi le ciel ! à moi le bonheur de t’aimer !

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