Élégies, Marie, et romances (1819)

La pélerine

« Pélerinr, où vas-tu si tard ?
      Le temps est à l’orage.
  Peux-tu confier au hasard
      Tes charmes et ton âge.? »
« Hermite, n’ayez point de peur.
  Du ciel je ne crains plus la foudre :
  Que ne peut-il réduire en poudre
  L’image qui brûle mon cœur ! »

« O ma fille ! donne un moment
      À l’ami qui t’appelle ;
  Viens calmer ton égarement
      À la sainte chapelle. »
« Hermite, mon âme est à Dieu,
  Partout il me suit, il me guide ;
  Il m’a dit de fuir un perfide….
  Je fuis l’Amour !…. Hermite, adieu ! »

« Pèlerine, en fuyant l’Amour,
      Que la pitié t’enchaîne !
  Un malheureux, depuis un jour,
      Pleure ici sur sa chaîne. »
« Un malheureux !…. c’est un amant !
  Mon père, donnez-lui vos larmes.
  Blessée au cœur des mêmes armes,
  Je mourrai du même tourment ! »

« Ma fille, lève au moins les yeux !
      La pitié te l’ordonne.
  Cet amant n’est plus malheureux
      Si ton cœur lui pardonne. »
  Le coupable alors se montra.
  L’Amour pria pour le parjure,
  L’Hermite effaça son injure,
  Et la Pélerine…. pleura.

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