Élégies, Marie, et romances (1819)

À la seine

RIVE enchantée,
Berceau de mes amours !
Onde argentée,
Image des beaux jours ;
Que ton cours est limpide !
Que ta fuite est rapide !
Ah ! pour mon cœur
C’est l’adieu du bonheur.

Déjà ma lyre
Gémit dans les roseaux ;
Et mon délire
À fait frémir tes eaux.
La nayade plaintive
Se penche sur la rive
Pour m’écouter,
Me plaindre, et m’arrêter.

Cette eau si belle
T’abandonne en courant !
Moi plus fidelle,
Je m’éloigne en pleurant.
Demain celui que j’aime
M’appellera lui-même !….
Vœux superflus !
Je ne l’entendrai plus,

Ah ! dans ta course,
Emporte mes tourmens !
Mais, à ta source,
Retiens tous mes sermens !
Si l’objet que j’adore
Vient m’y chercher encore,
Dis-lui qu’Amour
T’a promis mon retour.

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