Rythmes pittoresques

II

LES ROCS

À Jules Guérin.

Vous êtes pareils aux cœurs fiers en détresse
O rocs ! dressés aux bords de cette mer implacable
      et tendre.
Bleue, comme l’œil bleu des enfants : — tendre et
      implacable.

Quelles Résignations longues
Ont creusé le calme de vos grottes ? —
Où dorment les pleurs stagnants dans les citernes. —
En quelles inconjurables Colères
Se sont heurtées vos poitrines ?
Et confondues ;
Chaos croulant
De chairs sanglantes et d’ossements noircis

Pour quels Refuges d’âmes harassées
Pour quels Refuges
Ces inexpugnables Châteaux
Posés sur vos fronts ainsi que des couronnes ?
Pour quels Refuges ces Châteaux
Plus forts que le Temps !

Cités endormies
Sous l’ailes arrêtée des Nuées !
Quel monstrueux Népenthés vous versa ce Rêve ?
Et quels souvenirs d’un Jadis avant les Ages
Vous font cette attitude de stupeur ?
Auprès de la mer — tendre et implacable ?…

Monte-Carlo

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