Charles Baudelaire, Élévation (1857)
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Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées, Leave a comment on line 1 1
¶ 2
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers, Leave a comment on line 2 1
¶ 3
Par delà le soleil, par delà les éthers, Leave a comment on line 3 1
¶ 4
Par delà les confins des sphères étoilées, Leave a comment on line 4 1
¶ 5
Mon esprit, tu te meus avec agilité, Leave a comment on line 5 1
¶ 6
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde, Leave a comment on line 6 1
¶ 7
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde Leave a comment on line 7 1
¶ 8
Avec une indicible et mâle volupté. Leave a comment on line 8 1
¶ 9
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides; Leave a comment on line 9 1
¶ 10
Va te purifier dans l’air supérieur, Leave a comment on line 10 1
¶ 11
Et bois, comme une pure et divine liqueur, Leave a comment on line 11 1
¶ 12
Le feu clair qui remplit les espaces limpides. Leave a comment on line 12 1
¶ 13
Derrière les ennuis et les vastes chagrins Leave a comment on line 13 1
¶ 14
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse, Leave a comment on line 14 1
¶ 15
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse Leave a comment on line 15 1
¶ 16
S’élancer vers les champs lumineux et sereins; Leave a comment on line 16 1
¶ 17
Celui dont les pensers, comme des alouettes, Leave a comment on line 17 1
¶ 18
Vers les cieux le matin prennent un libre essor, Leave a comment on line 18 1
¶ 19
— Qui plane sur la vie, et comprend sans effort Leave a comment on line 19 1
¶ 20
Le langage des fleurs et des choses muettes! Leave a comment on line 20 1
¶ 21
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Comment est-ce qu’on purifie l’âme? Est-ce possible de la libérer du corps avant la mort? Sinon, comment vivons-nous face à cette réalité? Le poème “Élévation” (1857) de Charles Baudelaire soulève ces questions essentielles sur la tension entre l’âme et le corps. Conformément à la question posée par Platon dans Le Phédon au moment où Socrate postulait la libération de son âme après sa mort, et alignée avec la question de Du Bellay qui demande, “Que-songes-tu, mon âme emprisonnée?”, Baudelaire examine la nature de l’âme et l’esprit dans le contexte de la mélancolie de la vie moderne (ou le “spleen”).
De même, le tableau réaliste de Jean-François Millet, La récolte de la pomme de terre (1855), offre un cadre dans lequel nous pouvons approfondir les idées de Baudelaire. Le contexte du mouvement réaliste met l’accent sur la vie quotidienne qui s’écarte du sublime du romantisme. Les mots que Baudelaire utilise, comme « l’immensité profonde », « miasmes morbides» et «vastes chagrins » créent un espace où les lecteurs peuvent réfléchir à cette question fondamentalement humaine pour eux-mêmes. Néanmoins, naviguer dans cet espace n’est pas une tâche facile. Notre plan d’attaque consiste à souligner certains composants du travail de Millet pour fournir au lecteur une image visuelle des mots et des concepts de Baudelaire. Cette stratégie créera un lien entre les images et les mots, permettant au lecteur de devenir un spectateur (et vice versa), provoquant la relation émotionnelle et sensorielle à la fois aux œuvres d’art. Ainsi, en tant que lecteurs, nous devons nous engager à analyser les idées provoquées par chaque vers du poème de Baudelaire tout en les rapprochant des thèmes exploités par l’œuvre de Millet.