You’re Speaking My Language: Jacob Lawrence’s The Life of Toussaint L’Ouverture

During the Fall 2021 semester, students in Cultural Encounters: Engaging with Literature and Media (FR128) and The Rise and Fall of Versailles (FR232), created museum labels with a focus on the historical context of Toussaint Louverture’s life.

Each class went to the Colby Museum of Art to see the exhibit Jacob Lawrence: The Life of Toussaint L’Ouverture, and all the students were able to contribute their interpretations of the prints during their visits. Then the students worked individually on a print of their choice before being paired with the student from the other class who chose the same print. Next they collaborated to develop and write museum labels in French, selecting the most relevant details of the historical context, before translating them into English.

Valérie Dionne, Associate Professor of French

Jacob Lawrence: The Life of Toussaint L’Ouverture at the Colby Museum

The Birth of Toussaint

Toussaint was born enslaved in 1743 in Cap-Français on the Bréda plantation, which, as was the custom, served as his last name: Pierre Dominique Toussaint Bréda. In spite of the love between mother and child we sense here, enslaved children generally grew up separated from their parents, hence the somber atmosphere rendered by Jacob Lawrence’s use of dark colors. This is the first silk screen in the series, and it sets the tone for those that follow. The beams on the ceiling and walls suggest a prison and the oppression suffered by enslaved people. But there is a touch of yellow too, a symbol perhaps of light and hope in anticipation of the revolution that would see Saint-Domingue become the free nation of Haiti.

La Naissance de Toussaint (The Birth of Toussaint)

Toussaint naît en esclavage en 1743 à Cap-Français, sur la plantation Bréda, laquelle, comme ce fut coutume, lui donna son nom : Pierre Dominique Toussaint Bréda. Jacob Lawrence fait ressortir l’amour entre mère et fils tout en sachant que dans la pratique les enfants d’esclaves grandissaient séparés de leurs parents, d’où l’ambiance pesante rendue par les couleurs sombres. Cette première de la série de sérigraphies donne le ton pour toutes celles qui vont suivre. Les poutres au plafond et aux murs évoquent la prison ainsi que l’oppression subie par les Noirs. Cependant, on voit aussi une touche de jaune, peut-être symbole de lumière et d’espoir, comme pour anticiper la révolution qui verrait Saint-Domingue devenir l’état libre de Haïti.

Jacob Lawrence, The Birth of Toussaint from The Life of Toussaint L’Ouverture, 1986.
Silkscreen on paper, 29 1/4 x 19 1/2 in. (74 x 50 cm). The Lunder Collection in honor of Colby College President David A. Greene and Carolyn Greene, 2020.022.1

The Coachman

Toussaint did not share the fate of other enslaved people, especially that of the Bossales, who came directly from Africa and who are depicted here as tiny, insignificant background figures. He worked as a coachman for the plantation owner, Bayon de Libertat. The contrasting colors of the team of horses, one light gray, one dark, may be seen to represent how different his status was from that of other enslaved people. In this, the second silk screen in the series, Lawrence shows Toussaint firmly holding the reins, as if to foreshadow the power he would later hold. As a coachman, Toussaint was in contact not only with white people but with mixed-race and enslaved people as well, which allowed him to witness their pain firsthand. He was also known to be a talented horseman and called the Centaur of the Savanna. His long rides over the island led him to discover strategic positions that would prove useful in his military planning.

Toussaint’s resourcefulness earned him the trust of both enslaved people and of Bayon, who served as his protector. During the slave rebellion of 1791, he in turn would save the plantation owner’s life.

Le Cocher (The Coachman)

Le quotidien de Toussaint ne ressemblait pas à celui des autres esclaves, surtout pas à celui des Bossales, venus directement d’Afrique et que l’on voit représentés à l’arrière-plan sous forme de personnages minuscules et insignifiants. Il travaillait comme cocher pour le propriétaire de la plantation, Bayon de Libertat. Les couleurs contrastées de l’attelage, un cheval gris pâle, l’autre gris foncé, pourraient suggérer le statut à part dont il jouissait. Dans cette deuxième sérigraphie de la série, on le voit tenir fermement les rênes, comme pour annoncer le pouvoir qu’il allait détenir plus tard. Le rôle de cocher mit Toussaint en contact avec non seulement les Blancs mais aussi les métis et les autres esclaves, ce qui lui permit d’observer leurs souffrances de près. Excellent cavalier, il fut surnommé le Centaure de la savane. Ses longues chevauchées à travers l’île lui firent connaître de nombreux endroits stratégiques qui lui servirent plus tard dans ses opérations militaires.

Son intelligence inspirait confiance auprès des esclaves mais aussi de Bayon, qui lui servit de protecteur. En 1791, lors de la révolte des esclaves, Toussaint lui sauva la vie à son tour.

–Elsa Fevre + Will Molson


Here we see Toussaint Louverture, Jean-François Papillon, Jeannot Bullet, and Georges Biassou poring over a map of Saint-Domingue. As Biassou’s aide-de-camp, Toussaint is helping strategize in preparation for a battle that would take place in January 1793, the same month that France’s Louis XVI was beheaded. An army led by these four men had built a fort in the mountains, the Fort de la Tannerie, which the French Republican General Laveaux and his men captured, seizing arms and seventeen cannons. Following this defeat, Toussaint began organizing strategy sessions with rebellious enslaved people in anticipation of other battles.

Jacob Lawrence depicts the figures in earthy tones of brown and beige, and includes streaks of bright red among the plants and trees behind them. But the background is gray and dark, undoubtedly to suggest the intensity and importance of their strategizing and the conflicts that lie ahead. The vivid color in this somber setting may be seen to show how both thrilling and dangerous the battle for freedom was for enslaved people.

Stratégie (Strategy)

Ici on voit Toussaint Louverture, Jean-François Papillon, Jeannot Bullet et Georges Biassou penchés sur une carte de Saint-Domingue. En tant qu’aide-de-camp de Biassou, Toussaint participe à l’élaboration d’une stratégie militaire en prévision de la bataille qui allait avoir lieu en janvier 1793, le même mois qui vit Louis XVI monter à l’échafaud. Les quatre hommes firent construire le Fort de la Tannerie dans les montagnes, mais le Général Laveaux et ses forces françaises républicaines le prirent d’assaut, s’emparant de 17 canons et quantité d’armes. À la suite de cette défaite, Toussaint se mit à organiser des réunions similaires avec des esclaves, en prévision de nouvelles batailles.

Jacob Lawrence représente les personnages dans des tons chauds, du beige et du marron, mais il inclut aussi des traits rouge vif le long des plantes et des arbres qui les entourent, mettant ainsi en valeur l’intensité de ces séances et des conflits à venir. Dans ces taches de couleur vive sur fond sombre on pourrait également voir ce qui fut sûrement pour les esclaves l’irrésistible attrait de la dangereuse et enivrante lutte pour la liberté, tel celui de la lumière et de la chaleur d’une flamme.


In this, the fourth silk screen in the series, Jacob Lawrence references the 1795 attack the Spanish launched against Toussaint and French Republicans in defiance of the Peace of Basel in which Spain recognized France’s colonization of Saint-Domingue. It was a costly victory for Toussaint, a brutal, bloody fight that he would later comment on in a letter to his friend Laveaux: “We mourn the deaths of many good men, and find little compensation in the numbers of enemies who perished at our hands.” The scene depicted here undoubtedly takes place after Toussaint has recaptured the town of Dondon. We see him on horseback, manifestly exhausted and looking solemn, surrounded by women and children, some with their arms raised to hail the victors.

The choice of colors is similar to that in Strategy, with bright reds and blues in the townspeople’s clothing and Toussaint dressed again in brown. In Strategy, Toussaint’s pants are white; here, it is the color of his horse, Bel Argent, reminiscent of Napoleon’s and thereby indicative of a measure of equality between the two men. “From the leader of the Blacks to the leader of the Whites” is how Toussaint addressed Napoleon in their correspondence. Along with Toussaint’s fatigue, the color gray suggests the heavy load leaders bear and the afflictions the struggle for freedom entails.


Ici, Jacob Lawrence fait référence à l’attaque lancée par les Espagnols contre Toussaint et ses alliés français républicains en 1795, au mépris du Traité de Bâle par lequel l’Espagne reconnaissait la colonisation française de Saint-Domingue. Ce fut une bataille sanglante qui pesa lourd sur Toussaint, ainsi qu’il le confia dans une lettre à son ami Laveaux: “Nous déplorons la mort de beaucoup d’hommes de valeur et ne trouvons guère de compensation dans le grand nombre d’ennemis qui ont péri sous nos coups.” La scène représentée ici a sans doute lieu à la suite de la reprise de la ville de Dondon. On voit Toussaint à cheval, épuisé, l’air sombre, entouré de femmes et d’enfants dont certains levant les bras au ciel pour saluer les troupes victorieuses.

L’utilisation des couleurs rappelle celle que l’on a vue dans Stratégie: du rouge et du bleu vifs pour les vêtements des habitants de la ville, du marron, ici encore, pour ceux de Toussaint. Dans Stratégie, c’est le pantalon de Toussaint qui est blanc; ici, c’est son cheval, Bel Argent, qui n’est pas sans rappeler celui de Napoléon, créant ainsi une mesure d’égalité entre les deux hommes. “Du grand chef des Noirs au grand chef des Blancs”, voilà comment Toussaint s’adressait à Napoléon dans leur correspondance. Le gris suggère non seulement son état de fatigue mais également sa lourde charge de chef et le malheur qui accompagne immanquablement toute lutte pour la liberté.

–Lily Koltun + Jackie Legutko

The Capture

Toussaint’s forces, then aligned with Spain, are shown overrunning the town of Marmelade, which,  in 1793, was held by French Republicans and defended by troops led by the mixed-race soldier André Vernet. Toussaint won the battle by convincing Vernet to change sides. Vernet immediately joined Toussaint’s staff and would later marry one of his nieces. Twelve hundred of the defenders who survived the attack sought refuge at the Puilboreau plantation near Ennery, where they recounted their defeat to Étienne Polverel, only to hear themselves lambasted as cowards.  They reacted by returning to Marmelade, Toussaint’s new command post, to fight alongside him.

Toussaint is portrayed in red, like a Spanish general, but also because the color of blood evokes what was undoubtedly his ferocity and mercilessness on the battlefield. We see him on a white horse with a gold saber at his side, beneath a gray sky suggestive of the violence and cruelty of war, a feeling enhanced by the dark green plants that frame the soldiers. The image can be interpreted in two ways: one in which the men are running away from French Republican troops —the horses seem frightened, as if it were impossible to tell what direction the enemy was coming from—and the other in which Toussaint’s men are taking Marmelade, with the high grass suggesting the flames of war and the horses’ faces implying rage and determination. History has tended to accredit the latter interpretation.

Jacob Lawrence, The Capture from The Life of Toussaint L’Ouverture, 1987. Silkscreen on paper, 29 1/2 x 19 1/2 in. (75 x 50 cm). The Lunder Collection in honor of Colby College President David A. Greene and Carolyn Greene, 2020.022.5

La Prise de Marmelade (The Capture)

En 1793, les troupes de Toussaint, encore alliées à l’Espagne, prirent aux Français républicains la ville de Marmelade que défendaient les forces du métis André Vernet. Toussaint emporta la bataille en faisant changer de bord celui-ci qui devint l’un de ses lieutenants et devait plus tard épouser sa nièce. 1 200 hommes qui avaient subi la défaite cherchèrent refuge sur la plantation Puilboreau, près d’Ennery. Ils racontèrent la bataille à Étienne Polverel, qui s’y trouvait, mais se firent vertement critiqués par ce dernier qui les traita de lâches. Ils s’en retournèrent à Marmelade, devenu poste de commande de Toussaint, pour se rallier à ses côtés.

On voit Toussaint tout de rouge vêtu, tel un général espagnol, mais la couleur du sang évoque également la férocité de ce redoutable homme de guerre sans pitié. On le voit sur son cheval blanc, son sabre doré bien visible, avançant sous un ciel gris dont la lourdeur rappelle la violence et la cruauté de la guerre, sentiment renforcé par le noir et le vert foncé des plantes qui servent de cadre aux cavaliers. C’est une image qui invite deux interprétations : soit les hommes sont en train de fuir devant l’avancée des troupes françaises républicaines – les chevaux semblent avoir peur, comme s’ils ne savaient pas d’où venait l’ennemi – soit les hommes de Toussaint sont en train de reprendre Marmelade, les hautes herbes suggérant les flammes de la guerre et les naseaux des chevaux respirant rage et détermination. L’Histoire semblerait avoir accrédité cette dernière version.

General Toussaint

The title serves as a reminder that Toussaint was a general under both the Spanish monarchy and the French Republic. The time he spent with the Spanish represented a major part of his military training. Governor Garcia viewed him as a highly “efficient and competent” soldier and awarded him a gold medal in the name of the king of Spain. Not long after, Toussaint switched sides, aligning himself with the French, who had abolished slavery, whereas Spain had refused to do so. His bloodred uniform is suggestive of both the Spanish and Republican French military garb of the times, but the decorations are those of the French army.

This portrait could be entitled General Toussaint Louverture, statesman and military genius, feared by the English and French alike, hated by plantation owners, revered by Blacks. His numerous military exploits inspired many enslaved Black people to join forces with him. His ornate uniform—in particular, the tuft of white feathers—bears witness to the change of status that saw him rise from being enslaved to becoming a highly decorated general. In depicting Toussaint, many artists have chosen to give him lighter-colored skin, but Jacob Lawrence emphasized his blackness. It should be noted that this rendering was based on a nineteenth-century painting entitled Toussaint L’Ouverture by Nicolas Eustache Maurin, a white man. Lawrence altered his skin color to enhance his grandeur and dignity.

Le Général Toussaint (General Toussaint)

Le titre nous rappelle que Toussaint avait le grade de général sous la Monarchie espagnole et, plus tard, la République française. Sa formation militaire avait eu surtout lieu chez les Espagnols, qui reconnurent en lui un combattant hautement “efficace et compétent”, selon l’appréciation du gouverneur Garcia qui lui attribua une médaille au nom du Roi d’Espagne. Peu de temps après, Toussaint se rallia au camp français républicain, la France ayant aboli l’esclavage alors que l’Espagne s’y refusait encore. L’uniforme rouge-sang rappelle celui des Espagnols autant que celui des Français, mais les décorations sont celles de l’armée française.

Le titre de ce portrait pourrait être : “Le Général Toussaint, homme d’état et brillant stratège militaire, redouté à la fois des Anglais et des Français, détesté par les propriétaires de plantation, adulé par les Noirs.” Ses nombreux exploits militaires inspirèrent bien des esclaves à se battre à ses côtés. Son habit militaire abondamment décoré, en particulier la touffe de plumes blanches, témoigne du chemin parcouru par cet homme né en esclavage.

Plusieurs artistes ont préféré donner à Toussaint une couleur de peau plus claire, mais Lawrence insiste sur sa négritude. Pour cette sérigraphie, il s’inspira d’un tableau du XIXe siècle Général Toussaint Louverture, exécuté par Nicolas Eustache Maurin, un homme blanc. En lui redonnant un teint foncé, Lawrence cherchait à rehausser l’honneur et la dignité de son sujet.

–Catherine Burns + Kelly Putnam

Jacob Lawrence, General Toussaint from The Life of Toussaint L’Ouverture, 1986. Silkscreen on paper, 30 1/2 x 20 1/2 in. (77 x 52 cm). The Lunder Collection in honor of Colby College President David A. Greene and Carolyn Greene, 2020.022.6

The Opener

Toussaint was known as the Black Napoleon, the father of Black men, the Black child of the French Revolution, the Black George Washington, the Bonaparte of the Caribbean, the African hero, and the Hannibal of Saint-Domingue. Here we see him just after he has learned that Mirebalais and Verrettes have fallen into enemy hands. Having decided to attack the English and Spanish forces there, he leaves Gonaïves, makes his way up the Artibonite, and advances on Verrettes with an army ten thousand strong and the ultimate goal of taking Saint-Marc.

In his depiction of this moment of the battle, Lawrence emphasizes the multifaceted image Toussaint projected through the use of color. The white of the horse equates his grandeur with that of Napoleon’s while also suggesting Toussaint’s desire for peace and equality. The use of red, evoking danger, violence, and war, brings out his prowess as a warrior and at the same time his pride in and love for Saint-Domingue, his native land.

The meaning of the surname Louverture, which was a late addition, remains a subject of debate. The French called him l’ouverture (meaning “the opening”) in recognition of his talent as a peacemaker and his ability to recapture lands from them. One Frenchman is reported to have exclaimed, “This fellow manages breakthroughs everywhere!” Toussaint was quick to adopt the name and wore it proudly, like a medal. It should be noted as well that l’ouverture might also suggest a future of promise for Black people, a new starting point. Note too that Toussaint was surely familiar with the hallowed voodoo deity Papa Legba, who was intermediary and messenger to God. The Creole chant that opens voodoo ceremonies is Papa Legba, ouvri bayè pou moin! (Papa Legba, open the gates for me!)

L’ouverture (The Opener)

On surnommait Toussaint le Napoléon noir, le Père des Noirs, l’enfant noir de la Révolution française, le George Washington noir, le Bonaparte des Caraïbes, le héros africain ou l’Hannibal de Saint-Domingue. On le voit ici alors qu’il vient d’apprendre la chute de Mirebalais et de Verrettes. Il prend la décision d’attaquer les forces anglaises et espagnoles qui s’y trouvent, quitte Gonaïves, remonte l’Artibonite et s’avance sur Verrettes à la tête d’une armée forte de 10 000 hommes, l’objectif final étant la reprise de Saint-Marc. 

Par le choix des couleurs, Lawrence insiste sur l’image aux multiples facettes de Toussaint. Le blanc de son cheval met sa valeur au même niveau que celle de Napoléon tout en rappelant son désir de paix et d’égalité, alors que le rouge, symbole de danger, de violence et de guerre,  rappelle ses exploits sur le champ de bataille ainsi que sa fierté et son amour pour sa terre natale.

La signification du surnom “Louverture”, qui fut un ajout tardif, reste matière à débat. D’après certains, les Français l’appelaient ainsi en raison de ses talents de conciliateur et de sa capacité à leur reprendre le terrain qu’ils avaient conquis. L’un d’entre eux se serait exclamé, “Cet homme fait ouverture partout !” Toussaint n’a pas hésité à s’approprier le nom, le portant fièrement telle une médaille. Notons aussi que l’on peut très facilement faire le lien entre “l’ouverture” et un nouveau départ vers un avenir plus prometteur pour les Noirs. Par ailleurs, Toussaint connaissait sûrement la divinité vaudou Papa Legba, intermédiaire et messager de Dieu. Le chant créole sur lequel s’ouvrent les cérémonies vaudou dit : Papa Legba, ouvri bayé pou moin ! soit, Papa Legba, ouvre-moi la barrière !

The March

The eighth silk screen in Jacob Lawrence’s series portrays the march on Saint-Michel on October 9, 1794. We see not a ragtag group of fighters but a veritable army, organized and large in number, all the men wearing identical uniforms, marching in tight formation, and bearing arms. The taking of Saint-Michel, which garnered Toussaint considerable esteem in military circles, signaled a new beginning for his country. The resounding victory wrought by Toussaint’s military genius inspired his troops and the country as a whole to take up arms against the Spanish, the English, and the Royalist French.

The red of the uniforms stands in contrast to the high green grass that is occasionally spotted with red, suggesting the blood that will be, or has already been, spilled. Associating blood with the earth is Lawrence’s way of showing that the men are fighting to win back their homeland and renders them inseparable from it and from the freedom victory will bring.

La Marche (The March)

La huitième sérigraphie de la série montre les troupes de Toussaint avançant sur Saint-Michel le 9 octobre 1794. Il ne s’agit plus d’un groupe disparate d’hommes vaguement armés, mais d’une véritable armée marchant au pas, sous le même uniforme et présentant les armes de manière identique. La prise de Saint-Michel, qui valut à Toussaint la grande considération des milieux militaires, marqua un tournant dans l’histoire du pays. Cette victoire éclatante, fruit de son génie militaire, inspira ses troupes et le pays tout entier à prendre les armes contre les Espagnols, les Anglais et les Français royalistes.

Le rouge foncé des uniformes contraste avec le vert des hautes herbes, celles-ci marquées ça et là de taches rouge vif, symboles du sang qui allait être, ou qui avait déjà été, versé pour la cause. En liant terre et sang, Lawrence nous rappelle que les hommes se battaient pour l’indépendance de leur patrie, qu’ils ne faisaient qu’un avec elle ainsi qu’avec la liberté que la victoire apporterait.

–Emma Abbott + Emma Gilmore

Jacob Lawrence, The March from The Life of Toussaint L’Ouverture, 1995. Silkscreen on paper, 19 1/4 x 28 3/4 in. (49 x 73 cm). The Lunder Collection in honor of Colby College President David A. Greene and Carolyn Greene, 2020.022.8


Toussaint is about to mount a horse, a gray one as opposed to the white one depicted elsewhere in the series. It would not be implausible to imagine him heading off to survey a present or future battlefield for his uncommon gifts as a military strategist were universally recognized.

Toussaint first attempted to wrest Saint-Marc from the British in 1794 but failed after he had abandoned the Spanish and joined forces with French Republicans. In 1795, upon learning that Mirebalais and Verrettes had fallen, he began the siege of Saint-Marc, where he fought not only the British but their Royalist French allies as well. After long and intense fighting, the enemy forces were driven back to the town of Vallière, where they were forced to lay down their arms. By August 1795 the abolition of slavery had been reaffirmed throughout Saint-Domingue. The British would not definitively abandon the island until 1798. 


On voit Toussaint sur le point de monter à cheval, celui-ci bien gris à l’encontre du cheval blanc que l’on voit ailleurs dans la série. Il serait tout à fait raisonnable de l’imaginer se mettant en route pour aller surveiller un champ de bataille, présent ou futur, car ses qualités de stratège militaire furent reconnues de tous. Toussaint avait déjà essayé, sans succès, de reprendre Saint-Marc aux Anglais en 1794, peu après sa décision de se détourner de la monarchie espagnole en faveur des valeurs des Républicains français. En 1795, la nouvelle de la chute de Mirebalais et Verrettes l’incita à assiéger la ville à nouveau, malgré la présence des Royalistes français aux côtés des troupes anglaises. À l’issue de longs et furieux combats, l’ennemi fut repoussé jusqu’à la ville de Vallière et contraint de déposer ses armes. En août 1795, l’abolition de l’esclavage était réaffirmée partout dans Saint-Domingue. Les Anglais n’abandonneraient définitivement l’île qu’en 1798.


Toussaint is shown studying at his desk by the light of a tricolored flame, the blue, white, and red indicative of the French Republican values of liberty, equality, and fraternity that inspired him. His speeches and correspondence reveal a familiarity not only with the condemnation of colonialism and slavery in Histoire des deux Indes, but with the writings of Machiavelli, Montesquieu, and Rousseau. He spoke three languages: the Creole of Saint-Domingue; Fon, the African dialect of Allada (Toussaint was the son of an Allada prince); and French, which he learned for his dealings with France and other foreign powers. Following the successful end to the war of independence, Toussaint devoted much of his personal life to the economic development of the island.

Lawrence uses complementary reds and greens to create a strong contrast between Toussaint, in a gilded vest, and his surroundings. While the gold, red, and white of his attire seem to express vitality, the darker background suggests his seriousness, composure, and solitude.


Toussaint à son bureau, penché sur un livre qu’il étudie à la lumière d’une bougie, le bleu, blanc, rouge des flammes symbolisant les valeurs françaises qui l’animaient : liberté, égalité, fraternité. Ses discours et sa correspondance témoignent d’une connaissance non seulement de la condamnation du colonialisme et de l’esclavage que l’on trouve dans Histoire des deux Indes, mais des écrits de Machiavel, Montesquieu et Rousseau. Il parlait trois langues : le Créole de Saint-Domingue, Fon, le dialecte africain de l’Allada (le père de Toussaint était un prince allada), et français, langue qu’il avait apprise pour mieux négocier avec la France et d’autres puissances étrangères. Une fois la guerre d’indépendance gagnée, Toussaint consacra une grande partie de sa vie au développement économique de son pays.

            Lawrence utilise des couleurs complémentaires, le rouge et le vert, pour mettre en valeur le contraste entre Toussaint, vêtu d’un gilet rehaussé de dorures, et son cadre. Si le rouge, l’or et le blanc de ses habits semblent suggérer de la vitalité, les couleurs sombres de l’arrière-plan réaffirment son sérieux, son calme et sa solitude.

Ellen Pan + Megan Yorsz


A fleet of French ships carrying Napoleon’s brother-in-law, General Charles Leclerc, arrived in Saint-Domingue in 1802. The French viewed Toussaint’s declaration of independence the year before as a threat to their colonial holdings in the Caribbean. Leclerc was instructed to convince the islanders of France’s good intentions and pacifist designs. Were that to fail, he was to hunt down “rebellious” army generals to undermine morale and leave the island leaderless, following which all Africans were to be returned to plantations, effectively restoring slavery and reestablishing France’s dominion. In the event, the island’s inhabitants fought back successfully and maintained their freedom.


La flotte française arrive à Saint-Domingue en 1802 avec à son bord le beau-frère de Napoléon, Charles Leclerc. Les Français avaient vu dans la déclaration d’indépendance que Toussaint avait prononcée l’année précédente une menace à leurs possessions dans les Caraïbes. Leclerc avait pour ordre de convaincre les habitants des bonnes intentions et des desseins pacifiques des Français puis, en cas d’échec, de pourchasser les généraux “rebelles.” Une fois Saint-Domingue débarrassé de ses chefs militaires et le moral du peuple brisé, les Noirs devaient être renvoyés dans leurs plantations afin de rétablir l’esclavage et de réaffirmer la mainmise de la France. En l’occurrence, les habitants parvinrent à repousser les Français et à sauvegarder la liberté qu’ils avaient si chèrement acquise.

The Burning

Acting under Toussaint’s orders, General Henri Christophe burned down the major port city of Le Cap, depicted here under smoke-laden skies, on February 4, 1802, leaving behind neither food nor shelter for the arriving French troops. As Toussaint later told Jean-Jacques Dessalines, “It is imperative that the land which has been bathed by our sweat should provide not the slightest nourishment to the enemy. [. . .] destroy and burn everything, so that those who come to re-enslave us always have before their eyes the image of hell they deserve.”

Other cities would suffer the same fate, and the strategy would prove successful. Whereas the islanders were able to sustain themselves through their knowledge of nature and familiarity with the terrain, many of the French died of famine or yellow fever.

Villes incendiées (The Burning)

Le  4 février 1802, le général Henri Christophe, sous les ordres de Toussaint, réduisit en cendres la grande ville portuaire du Cap, que Lawrence représente ici sous un ciel chargé de fumée, afin de ne laisser aux troupes françaises qui allaient débarquer ni vivres ni abris. Toussaint explique à Dessalines: “il ne faut pas que la terre baignée de nos sueurs puisse fournir à nos ennemis le moindre aliment. […] faites tout anéantir et tout brûler, pour que ceux qui viennent nous remettre en esclavage rencontrent toujours devant leurs yeux l’image de l’enfer qu’ils méritent.”

D’autres villes devaient subir le même sort, et la stratégie s’avéra efficace. Alors que leur connaissance de la nature et du terrain permit aux habitants de Saint-Domingue de survivre, de nombreux Français périrent, victimes de la faim et de la fièvre jaune.

Jacob Lawrence, The Burning from The Life of Toussaint L’Ouverture, 1997. Silkscreen on paper, 20 1/2 x 30 3/4 in. (52 x 78 cm). The Lunder Collection in honor of Colby College President David A. Greene and Carolyn Greene, 2020.022.12

Toussaint at Ennery

Toussaint, on his white horse, Bel Argent, is leading the charge at the Battle of Ennery, his troops the embodiment of unity, determination, and fervor as they head into combat against the French General Leclerc. In the brown earth in the foreground, flame-like blades of grass are colored blue, white, and red, suggestive here as elsewhere in the series of the French revolutionary values of liberty, equality, and fraternity.

Toussaint à Ennery (Toussaint at Ennery)

Monté sur son cheval blanc Bel Argent, Toussaint mène la charge à la bataille d’Ennery, ses troupes un modèle d’unité, de détermination et de ferveur alors qu’elles se lancent contre les soldats de Napoléon sous le commandement du général Leclerc. L’ocre de la terre au premier plan fait ressortir le bleu, blanc, rouge des brins d’herbe, symboles, ici comme ailleurs dans la série, de la devise tripartite de la République française : liberté, égalité, fraternité.

Ophelia Baxter + Su Park


This is a depiction of Toussaint after he was taken prisoner on June 7, 1802. We see Leclerc and his men threatening him, their crossed swords and the black stiles of the chair symbolically indicating imprisonment. A year earlier, even though Saint-Domingue was still a French colony, the country enjoyed greater independence with Toussaint as its head. A republican constitution afforded freedom to all races, effectively reaffirming the abolition of slavery. It would lead to Toussaint being named governor of Saint-Domingue.

This scene marks the beginning of the end of his long struggle with the French. An enraged Napoleon had sent Leclerc to conclude a pact with Toussaint, ostensibly allowing him to go into retirement while keeping his rank as general. It was a ploy. The actual aim was to restore slavery to the island. Toussaint was taken into custody and sent to prison in Fort de Joux, France, where he died from pneumonia on April 7, 1803.

In this, the only silk screen in which whites appear, Lawrence uses dark colors to create an oppressive framework and reinforce the gravity of the situation. We are drawn to Toussaint, who is positioned in the middle of the scene, his white clothes suggesting that he alone has right on his side, having advanced the cause of freedom and the abolition of slavery. He is also the sole relatively stationary figure, unarmed and vulnerable, much as all Black people who were victims of the long oppression visited upon them by white people.

La Ruse (Deception)

Toussaint fut fait prisonnier le 7 juin 1802. On le voit assis, affalé, Leclerc et ses hommes le menaçant, leurs sabres croisés et les montants de la chaise une évocation des mois de captivité qui l’attendent. Un an plus tôt, alors que Saint-Domingue était encore une colonie française, le pays jouissait d’une indépendance accrue sous sa direction, et une constitution républicaine garantissait la liberté aux Blancs, aux métis, et aux Noirs, situation qui avait valu à Toussaint d’être nommé Gouverneur.

Cette scène marque le début de la fin de sa longue lutte avec les Français. Napoléon, furieux, avait envoyé Leclerc à Saint-Domingue sous prétexte de négocier avec Toussaint un accord qui lui aurait permis de partir à la retraite tout en maintenant son statut de général. C’était une ruse, le véritable but de la manœuvre étant le rétablissement de l’esclavage sur l’île. Toussaint fut transporté en France, où il mourut d’une pneumonie le 7 avril 1803 à la prison de Fort de Joux.

C’est la seule sérigraphie de la série où l’on voit des Blancs. Les couleurs foncées créent une ambiance oppressive et mettent en valeur la gravité de la situation. Nous sommes attirés par le personnage de Toussaint, placé au centre de l’image, et dont les habits blancs laissent entendre que lui seul, l’homme qui a consacré sa vie à la cause de la liberté et à l’abolition de l’esclavage, avait le droit de son côté. Il est également le seul personnage immobile, d’autant plus vulnérable que sans armes, à l’image de tous les Noirs victimes de l’oppression des Blancs.

To Preserve Their Freedom

The scene depicted in this last of the silk screens in the series takes place after Toussaint’s imprisonment. The islanders have taken up the fight against France’s efforts to reinstitute slavery. We see five ordinary people and growers, men, women, and children, all in revolt; Black people of different sexes, ages, and backgrounds wearing different clothes and dressed in different colors: red, white, brown, and blue. Meanwhile, a new army has been raised under the leadership of Henri Christophe and Jean-Jacques Dessalines, with the latter designated commander in chief by local warlords. In the end, the fervor of the revolutionaries, yellow fever, and hunger would prove the undoing of the French.

Lawrence used a variety of bright colors to portray fighters on the move beneath clear skies. The scene is an illustration of the hope, strength, and courage that Toussaint inspired and shows how powerful the resistance became after his death. One of the figures is bleeding from the chest, proof of the many lives lost and the many sacrifices made for the cause of freedom. On January 1, 1804, the war of independence ended in victory for the people of Saint-Domingue, with full powers ceded to a new nation:  Haiti.

Pour préserver leur liberté (To Preserve Their Freedom)

La scène que l’on voit dans cette dernière sérigraphie de la série a lieu après  l’emprisonnement de Toussaint. Les cinq personnages représentent les habitants de l’île qui se sont mobilisés pour mettre en échec le rétablissement de l’esclavage malgré les efforts de la France. Sous un ciel dégagé, on voit à la fois des gens ordinaires et des cultivateurs, des hommes, des femmes, des enfants, tous engagés dans la lutte. Ce sont des Noirs de sexe, d’âge et de milieux divers, chacun habillé de manière différente, dans des couleurs variées : du rouge, du blanc, du marron et du bleu.  Parallèlement, Henri Christophe et Jean-Jacques Dessalines avaient levé une nouvelle armée, ce dernier ayant été nommé commandant-en-chef par les chefs militaires locaux. La faim et la fièvre jaune, et surtout la ferveur des habitants de Saint-Domingue, devaient finir par mettre les Français dehors.

            Jacob Lawrence introduit des touches de couleurs vives pour les combattants qu’il montre en mouvement. Il s’agit d’une illustration de l’espoir, de la force et du courage que Toussaint avait inspirés, la résistance aux Français esclavagistes n’ayant cessé de s’accroître après sa mort. La tache de sang sur la poitrine de l’un des personnages témoigne des nombreuses vies perdues et des nombreux sacrifices que la lutte pour la liberté avait nécessités. La guerre d’indépendance prit fin le 1er janvier 1804 avec la victoire du peuple de Saint-Domingue et la naissance d’un nouveau pays : Haïti.

–Elizabeth Hiebert + Preston Lee

Jacob Lawrence, To Preserve their Freedom from The Life of Toussaint L’Ouverture, 1988. Silkscreen on paper, 20 1/2 x 30 1/2 in. (52 x 77 cm). The Lunder Collection in honor of Colby College President David A. Greene and Carolyn Greene, 2020.022.15