{"id":6703,"date":"2017-08-03T19:31:46","date_gmt":"2017-08-03T23:31:46","guid":{"rendered":"http:\/\/web.colby.edu\/poetes\/?page_id=6703"},"modified":"2021-10-05T17:22:12","modified_gmt":"2021-10-05T21:22:12","slug":"elisa-mercoeur-preface-de-lediteur","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/mercoeur\/works-6\/elisa-mercoeur-preface-de-lediteur\/","title":{"rendered":"\u00c9lisa Merc\u0153ur : Pr\u00e9face de l&#8217;\u00e9diteur"},"content":{"rendered":"<div id=\"poem\" align=\"center\">\n<p class=\"volume-name\" style=\"text-align: center;\"><em>Po\u00e9sies de Mlle \u00c9lisa Merc\u0153ur<\/em> (1829)<\/p>\n<h4 class=\"poem-title\" style=\"text-align: center;\">Pr\u00e9face de l&#8217;\u00e9diteur<\/h4>\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; La premi\u00e8re\u2018 \u00e9dition\u2018 des Po\u00e9sies de made moiselle \u00c9lisa Merc\u0153ur, publi\u00e9e \u00e0 Nantes, en 1827, par les soins de M. Mellinet-Malassis, imprimeur-libraire, a \u00e9t\u00e9 accueillie par ses compatriotes avec un si vif empressement, qu&#8217;\u00e0 peine quelques exemplaires ont pu franchir les limites du D\u00e9partement qui a vu na\u00eetre l&#8217;auteur. Publi\u00e9es successivement dans diff\u00e9rents Journaux litt\u00e9raires, ses premi\u00e8res productions n\u2019avaient pas seulement inspir\u00e9 l&#8217;int\u00e9r\u00eat qui devait s&#8217;attacher au sexe et \u00e0 la jeunesse du Po\u00e8te, mais elles avaient fix\u00e9 l&#8217;attention des principales Soci\u00e9t\u00e9s litt\u00e9raires de nos D\u00e9partements et celle des hommes de lettres les plus distingu\u00e9s de la capitale.<br \/>\n&nbsp; &nbsp; &nbsp; Il serait peut-\u00eatre permis \u00e0 l&#8217;\u00c9diteur d\u2019une nouvelle \u00e9dition des Po\u00e9sies de mademoiselle \u00c9lisa Merc\u0153ur de joindre ici ses \u00e9loges \u00e0 ceux qui lui ont \u00e9t\u00e9 prodigu\u00e9s depuis son d\u00e9but dans la carri\u00e8re po\u00e9tique , surtout lors qu&#8217;il les exprimerait de conviction ; mais les pan\u00e9gyriques en forme de pr\u00e9face , dont on a trop souvent abus\u00e9, ont perdu depuis quel que temps toute influence sur le jugement des lecteurs , qui n\u2019oublient pas sans doute ces vers de notre Fabuliste :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Il ne faut jamais dire aux gens :<br \/>\n\u00c9coutez un bon mot, oyez une merveille !<br \/>\nSavez-vous si les \u00e9coutants<br \/>\nEn feront une estime \u00e0 la v\u00f4tre pareille ?<br \/>\n<span id=\"indent\"><i>Liv. xi, F.<\/i> 9<\/span><\/p>\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; Le nouvel \u00c9diteur se contentera de faire conna\u00eetre au public l&#8217;historique des distinctions, honneurs et r\u00e9compenses litt\u00e9raires qui sont venus trouver, de toutes parts, la jeune Nantaise, et qui ont \u00e9t\u00e9 pour elle aussi pr\u00e9coces que son talent ; il se permettra m\u00eame de remontrer, avec tous les \u00e9gards et le respect qu\u2019un imprimeur doit au g\u00e9nie qui donne le mouvement \u00e0 ses presses, que plus ces distinctions, ces honneurs, ajoutent d&#8217;\u00e9clat \u00e0 la r\u00e9putation d\u2019un auteur, plus ils lui imposent d&#8217;obligations pour se rendre digne des suffrages du public \u00e9clair\u00e9, qui seul consolide ou fait \u00e9vanouir toutes les renomm\u00e9es.<br \/>\n&nbsp; &nbsp; &nbsp; Mademoiselle \u00c9lisa Merc\u0153ur est n\u00e9e \u00e0 Nantes , le 24 juin 1809, et la premi\u00e8re pi\u00e8ce de son Recueil date du mois d\u2019octobre 1825, lorsqu\u2019elle avait \u00e0 peine seize ans. Ce ne fut pas seulement dans sa ville natale que ses rares dispositions furent remarqu\u00e9es : en 1826, l&#8217;<i>Acad\u00e9mie provinciale Lyon<\/i>, qui venait d&#8217;\u00eatre \u00e9tablie, admit mademoiselle Merc\u0153ur au nombre de ses Membres-correspondants. La jeune Acad\u00e9micienne, pour exprimer sa reconnaissance \u00e0 cette Soci\u00e9t\u00e9, lui fit hommage de la pi\u00e8ce intitul\u00e9e <i>la Pens\u00e9e<\/i>, qu\u2019elle accompagna de la lettre suivante : .<br \/>\n&nbsp; &nbsp; &nbsp; \u00ab Rivaliser de gloire avec ces Muses aimables et c\u00e9l\u00e8bres dont la patrie s\u2019enorgueillit, en adoptant tous leurs succ\u00e8s, n\u2019a point \u00e9t\u00e9 mon esp\u00e9rance ; mais j\u2019ai \u00e9prouv\u00e9 un sentiment d&#8217;orgueil, en songeant que mon nom pourrait trouver une place aupr\u00e8s de leurs noms ch\u00e9ris. Cette esp\u00e8ce de rapprochement est la premi\u00e8re feuille de ma couronne litt\u00e9raire. Puissent, \u00e0 l&#8217;avenir, des suffrages m\u00e9rit\u00e9s joindre quelques lauriers \u00e0 cette feuille pr\u00e9cieuse !<br \/>\n&nbsp; &nbsp; &nbsp; \u00ab Union et Tol\u00e9rance, telle est la devise a qu\u2019a choisie l\u2019Acad\u00e9mie provinciale : un sourire et son indulgence, telle est la pri\u00e8re que je lui adresse aujourd\u2019hui ! \u00bb<br \/>\n&nbsp; &nbsp; &nbsp; Au mois de mai de 1827, mademoiselle Merc\u0153ur re\u00e7ut le dipl\u00f4me de Membre-correspondant de la <i>Soci\u00e9t\u00e9 Acad\u00e9mique de la Loire-Inf\u00e9rieure,<\/i> qui d\u00e9rogea en sa faveur \u00e0 ses r\u00e8glements , puisque aucune femme r\u00e9sidant \u00e0 Nantes n&#8217;avait jusqu\u2019alors obtenu cette distinction. Apr\u00e8s la publication de ses Po\u00e9sies, la <i>Soci\u00e9t\u00e9 Polymatique du Morbihan<\/i> ajouta un nouveau lustre aux succ\u00e8s litt\u00e9raires de mademoiselle Merc\u0153ur, en la recevant au nombre des Membres de cette Soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\n&nbsp; &nbsp; &nbsp; De nouveaux encouragements et d illustres suffrages accueillirent ce premier Recueil de Po\u00e9sies. M. de Chateaubriand, \u00e0 qui l auteur l\u2019avait d\u00e9di\u00e9 comme au plus illustre de ses compatriotes, lui adressa des remerc\u00eements, qu\u2019il exprime en ces termes :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span id=\"indent\">\u00ab Paris, le 18 juillet 1827.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; \u00ab Si la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, Mademoiselle, est quelque a chose de d\u00e9sirable, on peut la promettre, sans crainte de se tromper, \u00e0 l&#8217;auteur de ces vers charmants :<br \/>\n<span id=\"indent\">Mais il est des moments o\u00f9 la harpe repose,<br \/>\nO\u00f9 l&#8217;inspiration sommeille au fond du c\u0153ur&#8230;.<\/span><br \/>\n\u00ab Puissiez-vous seulement, Mademoiselle, ne regretter jamais cet oubli, contre lequel r\u00e9clament \u00e9galement votre talent et votre jeunesse ! Je vous remercie, Mademoiselle, de votre confiance et de vos \u00e9loges ; je ne m\u00e9rite pas les derniers, je t\u00e2cherai de ne pas tromper la premi\u00e8re. Mais je suis un mauvais <i>appui<\/i> ; le <i>ch\u00eane<\/i> est bien vieux, et il s\u2019est si mal d\u00e9fendu des temp\u00eates, qu\u2019il ne peut offrir d\u2019abri \u00e0 personne.<br \/>\n&nbsp; &nbsp; &nbsp; \u00ab Agr\u00e9ez de nouveau, je vous prie, Mademoiselle, mes remerc\u00eements et les respectueux hommages que j\u2019ai l&#8217;honneur de vous offrir.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span id=\"indent\">\u00ab CHATEAUBRIAND. \u00bb<\/span><\/p>\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; Cette r\u00e9ponse, empreinte d\u2019un sentiment si p\u00e9nible, dut faire na\u00eetre de tristes r\u00e9flexions dans l&#8217;esprit de mademoiselle Merc\u0153ur, en lui montrant que le protecteur qu\u2019elle s\u2019\u00e9tait flatt\u00e9e de trouver dans l\u2019un des plus beaux g\u00e9nies dont s\u2019honore la France avait \u00e9t\u00e9 lui-m\u00eame frapp\u00e9 par l&#8217;adversit\u00e9, trop fid\u00e8le compagne des grandes illustrations.<br \/>\n&nbsp; &nbsp; &nbsp; Un autre hommage rendu au talent de notre jeune Po\u00e8te dut toucher bien diff\u00e9remment son c\u0153ur, lorsqu\u2019on lui fit conna\u00eetre le sentiment de l&#8217;auteur des <i>M\u00e9ditations<\/i> sur ses premi\u00e8res productions. M. de Lamartine \u00e9crivait de Florence, en date du 9 octobre 1827, \u00e0 un litt\u00e9rateur de ses amis, qui lui avait envoy\u00e9 les Po\u00e9sies de mademoiselle Merc\u0153ur :<br \/>\n&nbsp; &nbsp; &nbsp; \u00ab J&#8217;ai lu avec autant de surprise que d&#8217;int\u00e9r\u00eat les vers de mademoiselle Merc\u0153ur, que vous avez pris la peine de me copier. Vous savez que je ne croyais pas \u00e0 l\u2019existence du talent po\u00e9tique chez les femmes : j\u2019avoue que le Recueil de madame Tastu m\u2019avait \u00e9branl\u00e9 ; cette fois je me rends ; et je pr\u00e9vois, mon cher, que cette <i>petite fille<\/i> nous effacera tous tant que nous sommes. \u00bb<br \/>\n&nbsp; &nbsp; &nbsp; Tant d\u2019honorables encouragements, tant de preuves d&#8217;estime, d&#8217;int\u00e9r\u00eat et de bienveillance, ne pouvaient rester sans effet sur le c\u0153ur d&#8217;une jeune personne anim\u00e9e du g\u00e9nie po\u00e9tique. En couvrant de fleurs ses premiers pas dans la carri\u00e8re, en excitant dans son \u00e2me une noble \u00e9mulation, ces \u00e9loges, ces hommages, ces couronnes acad\u00e9miques, donnaient \u00e0 mademoiselle Merc\u0153ur plus de confiance dans ses forces, plus de courage pour se livrer \u00e0 l&#8217;\u00e9tude et consacrer son existence au culte des Muses ; mais, peu favoris\u00e9e de la fortune, inqui\u00e8te sur son avenir, priv\u00e9e de cette tranquillit\u00e9 d\u2019esprit si n\u00e9cessaire pour assurer la perfection des travaux litt\u00e9raires, elle pouvait voir s\u2019\u00e9couler les plus belles ann\u00e9es de sa vie, aux prises avec les rigueurs de sa position, s\u2019il ne se f\u00fbt trouv\u00e9 un M\u00e9c\u00e8ne, vraiment digne de ce nom, par ses hautes fonctions, par la noblesse de ses sentiments, et par son amour pour les lettres. Mademoiselle Merc\u0153ur fit parvenir au Ministre de l&#8217;Int\u00e9rieur, M. le vicomte de Martignac, un exemplaire de ses Po\u00e9sies. \u00ab Ce Ministre, qui, depuis le jour m\u00eame de sa nomination, n\u2019a cess\u00e9 de se montrer le protecteur \u00e9clair\u00e9 de ceux qui cultivent les lettres et les beaux-arts \u00bb, lui \ufb01t cette r\u00e9ponse :<br \/>\n&nbsp; &nbsp; &nbsp; \u00ab J\u2019ai lu avec beaucoup d&#8217;int\u00e9r\u00eat, Mademoiselle, l\u2019ouvrage que vous avez bien voulu me faire conna\u00eetre ; et je vous adresse \u00e0 la fois, et mes remerc\u00eements, et mes compliments empress\u00e9s. La <i>Gloire<\/i>, que vous avez si noblement chant\u00e9e, ne sera point ingrate ; vous vous \u00eates arrang\u00e9e de mani\u00e8re \u00e0 en jouir long-temps, et vous devez esp\u00e9rer de d\u00e9sarmer l&#8217;envie, parce que votre jeunesse obtiendra gr\u00e2ce pour votre talent. Je ne puis faire avec vous un \u00e9change de beaux vers ; mais je vous envoie la collection du <i>Mus\u00e9e fran\u00e7ais,<\/i> par Filhol, et je vous prie de l\u2019accepter comme un t\u00e9moignage de l\u2019int\u00e9r\u00eat bien r\u00e9el que je prends \u00e0 vos succ\u00e8s.<br \/>\n&nbsp; &nbsp; &nbsp; \u00ab Recevez, Mademoiselle, l&#8217;hommage de mon respectueux d\u00e9vo\u00fbment.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span id=\"indent\">\u00ab DE MARTIGNAC.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; \u00ab Paris, le 12 ao\u00fbt 1828. \u00bb<br \/>\n&nbsp; &nbsp; &nbsp; Cet envoi des chefs-d&#8217;\u0153uvre de la Peinture, si heureusement choisi et appropri\u00e9 par le Ministre pour favoriser les inspirations du Po\u00e8te, n\u2019\u00e9tait que le pr\u00e9lude des encouragements qu\u2019il lui r\u00e9servait encore. D\u00e9j\u00e0 nos Princes, qui r\u00e9pandent des bienfaits partout o\u00f9 il y a des talents \u00e0 prot\u00e9ger ou des infortunes \u00e0 soulager, avaient accord\u00e9 \u00e0 mademoiselle Merc\u0153ur, le Roi, une pension sur sa cassette ; MADAME, duchesse de Berry, une honorable gratification. En\ufb01n, M. le Ministre de l&#8217;Int\u00e9rieur n\u2019a pas tard\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser la promesse qu\u2019il lui avait donn\u00e9e d&#8217;augmenter, \u00e0 Paris, la pension qu\u2019il lui avait faite \u00e0 Nantes.<br \/>\n&nbsp; &nbsp; &nbsp; Elle est donc heureuse aujourd\u2019hui, et tranquille sur son avenir. \u00ab Je vais travailler \u00e0 force, \u00e9crit-elle \u00e0 son \u00c9diteur de Paris ; j\u2019ai du courage maintenant. \u00bb Ses nobles Bienfaiteurs jouiront de son bonheur et de sa reconnaissance ; et le Public jouira aussi de leurs bienfaits, en lisant les morceaux remarquables contenus dans ce nouveau Recueil, et les ouvrages de plus longue haleine qu\u2019il a droit d\u2019attendre de la jeune et brillante imagination de l&#8217;auteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span id=\"indent\">G.-A. CRAPELET<\/span><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/web.colby.edu\/poetes\/mercoeur\/works-6\/poesies-de-mlle-elisa-mercoeur\/\">Retour \u00e0 la table des mati\u00e8res<\/a><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Po\u00e9sies de Mlle \u00c9lisa Merc\u0153ur (1829) Pr\u00e9face de l&#8217;\u00e9diteur &nbsp; &nbsp; &nbsp; La premi\u00e8re\u2018 \u00e9dition\u2018 des Po\u00e9sies de made moiselle \u00c9lisa Merc\u0153ur, publi\u00e9e \u00e0 Nantes, en 1827, par les soins de M. 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