{"id":558,"date":"2016-04-06T20:01:53","date_gmt":"2016-04-06T20:01:53","guid":{"rendered":"http:\/\/colbysites.org\/womenpoets\/poetesackermannreceptionindex\/"},"modified":"2018-04-06T18:17:24","modified_gmt":"2018-04-06T22:17:24","slug":"reception-2","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/reception-2\/","title":{"rendered":"Louise Ackermann (1813-1890) &#8211; r\u00e9ception critique"},"content":{"rendered":"<div id=\"row-light\">\n\n\t\t<style type=\"text\/css\">\n\t\t\t#gallery-1 {\n\t\t\t\tmargin: auto;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-1 .gallery-item {\n\t\t\t\tfloat: left;\n\t\t\t\tmargin-top: 10px;\n\t\t\t\ttext-align: center;\n\t\t\t\twidth: 50%;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-1 img {\n\t\t\t\tborder: 2px solid #cfcfcf;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-1 .gallery-caption {\n\t\t\t\tmargin-left: 0;\n\t\t\t}\n\t\t\t\/* see gallery_shortcode() in wp-includes\/media.php *\/\n\t\t<\/style>\n\t\t<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-558 gallery-columns-2 gallery-size-medium'><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon portrait'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/biblio\/screen-shot-2017-06-05-at-6-35-58-pm\/'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"227\" height=\"300\" src=\"https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/files\/2016\/04\/Screen-Shot-2017-06-05-at-6.35.58-PM-227x300.jpg\" class=\"attachment-medium size-medium\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/files\/2016\/04\/Screen-Shot-2017-06-05-at-6.35.58-PM-227x300.jpg 227w, https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/files\/2016\/04\/Screen-Shot-2017-06-05-at-6.35.58-PM.jpg 322w\" sizes=\"(max-width: 227px) 100vw, 227px\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt><\/dl><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon portrait'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/ackermann\/ackermann-copy\/'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"227\" height=\"300\" src=\"https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/files\/2016\/04\/ackermann-copy-227x300.jpg\" class=\"attachment-medium size-medium\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/files\/2016\/04\/ackermann-copy-227x300.jpg 227w, https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/files\/2016\/04\/ackermann-copy.jpg 322w\" sizes=\"(max-width: 227px) 100vw, 227px\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt><\/dl><br style=\"clear: both\" \/>\n\t\t<\/div>\n\n<\/div>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"center\"><a href=\"#daurevilly\">J. Barbey d&#8217;Aurevilly<\/a><br \/>\n<a href=\"#banville\">Th\u00e9odore de Banville<\/a><br \/>\n<a href=\"#caro\">\u00c9mile Caro<\/a><br \/>\n<a href=\"#gautier\">Th\u00e9ophile Gautier<\/a><br \/>\n<a href=\"#marchand\">Alfred Marchand<\/a><br \/>\n<a href=\"#martino\">Pierre Martino<\/a><br \/>\n<a href=\"#prudhomme\">Sully Prudhomme<\/a><\/p>\n<hr>\n<div align=\"right\"><a href=\"#top\">top<\/a><\/div>\n<h3><a name=\"daurevilly\"><\/a>J. Barbey d&#8217;Aurevilly<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces po\u00e9sies sont belles \u00e0 faire peur, comme disait Bossuet de l&#8217;esprit de F\u00e9nelon. Ce sont \u00e0 coup s\u00fbr les plus belles horreurs litt\u00e9raires qu&#8217;on ait \u00e9crites depuis les <em>Fleurs du Mal<\/em> de Baudelaire. Et m\u00eame c&#8217;est plus beau, car dans le mal &#8212; le mal absolu &#8212; c&#8217;est plus pur. Les po\u00e9sies c\u00e9l\u00e8bres de Baudelaire ne sont que l&#8217;expression des sens r\u00e9volt\u00e9s qui se tordent dans l&#8217;\u00e9puisement et la fureur de leur impuissance, serpents de Laocoon qui n&#8217;ont plus \u00e0 \u00e9treindre que le fumier sur lequel ils meurent. Mais les po\u00e9sies de Mme Ackermann sont le chaste d\u00e9sespoir de <em>l&#8217;esprit seul<\/em>. Ses blasph\u00e8mes, \u00e0 elle, n&#8217;ont pas la virulence des blasph\u00e8mes de Baudelaire. Ils sont taill\u00e9s dans un marbre radieux de blancheur id\u00e9ale, avec une vigueur et une s\u00fbret\u00e9 de mains qui indiquent que l&#8217;artiste, ici, est son propre ma\u00eetre, et sans excuse, comme Lucifer, qui ne tomba, que parce qu&#8217;il voulut tomber. Transposition singuli\u00e8re quand on les compare. C&#8217;est l&#8217;homme, ici, qui a chant\u00e9 comme aurait pu chanter la femme, et la femme, comme l&#8217;homme n&#8217;a pas chant\u00e9.<\/p>\n<p><i>Les po\u00e8tes et les hommes<\/i> (1889)<\/p>\n<hr>\n<div align=\"right\"><a href=\"#top\">top<\/a><\/div>\n<h3><a name=\"banville\"><\/a>Th\u00e9odore de Banville<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette po\u00e9tesse dont toute la hautaine figure exprime l\u2019audace, l\u2019intuition et le g\u00e9nie, a acquis, \u00e0 force de chanter et de souffrir, une singuli\u00e8re beaut\u00e9. Car par un amusant jeu de la Nature, dont la richesse d\u2019imagination est assez \u00e9vidente pour qu\u2019elle ait, si elle veut, le droit de se recopier elle-m\u00eame, sa t\u00eate aux superbes traits \u00e9piques est exactement la m\u00eame que celle de Hugo, mais de Hugo jeune, et comme nous l\u2019avons connu, contant des choses gaies. C&#8217;est la m\u00eame coupe du visage et c&#8217;est le m\u00eame \u00e9norme front aux plans magnifiques. Les yeux, plus brillants que ne le furent jamais ceux du divin lyrique, ont des prunelles de braise, et la bouche que plisse un bon et d\u00e9daigneux sourire est pleine de finesse, de r\u00e9volte et de malice. Ferme et hardie en son allure imp\u00e9rieuse, Madame Ackermann porte souvent \u00e0 la main un b\u00e2ton, que tant\u00f4t elle tient comme les duchesses du XVIIe si\u00e8cle leur canne d&#8217;ivoire, et o\u00f9 tant\u00f4t elle s&#8217;appuie, comme Madame Pernelle, dont elle a le rude franc-parler, mais non l&#8217;\u00e9troitesse d&#8217;esprit. Parfois aussi ce b\u00e2ton fait songer \u00e0 la baguette d&#8217;une magicienne, car la po\u00e9tesse ne faisait-elle pas ob\u00e9ir, comme une Circ\u00e9, la nu\u00e9e et la temp\u00eate et les noirs oiseaux envol\u00e9s, lorsqu&#8217;elle habitait au haut d&#8217;une montagne, gard\u00e9e seulement par deux grands chiens grondants, qui semblaient \u00eatre les visibles images de ses indignations et de ses col\u00e8res ?<\/p>\n<p><i>Cam\u00e9es parisiens<\/i> (1889)<\/p>\n<hr>\n<div align=\"right\"><a href=\"#top\">top<\/a><\/div>\n<h3><a name=\"caro\"><\/a>\u00c9mile Caro<\/h3>\n<p>Au moins dans la forme d&#8217;un sentiment, sinon d&#8217;une doctrine cette philosophie de d\u00e9sespoir a troubl\u00e9 dans ces derni\u00e8res ann\u00e9es plus d&#8217;une \u00e2me qui a cru se reconna\u00eetre dans l&#8217;accent amer, hautain d&#8217;un po\u00e8te de grand talent, l&#8217;auteur des <em>Po\u00e9sies philosophiques<\/em>. Si l&#8217;on voulait d\u00e9m\u00ealer l&#8217;inspiration qui fait l&#8217;unit\u00e9 de ces po\u00e8mes \u00e9tranges et passionn\u00e9s, on ne se tromperait gu\u00e8re en les cherchant dans la conception de l&#8217;infelicit\u00e0. C&#8217;est un L\u00e9opardi fran\u00e7ais \u00e9galant presque l&#8217;autre par la vigueur oratoire et le mouvement lyrique.<\/p>\n<p><i>Le pessimisme au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/i> (1878)<\/p>\n<hr>\n<div align=\"right\"><a href=\"#top\">top<\/a><\/div>\n<h3><a name=\"gautier\"><\/a>Th\u00e9ophile Gautier<\/h3>\n<p>C&#8217;est une note qu&#8217;on n&#8217;est plus habitu\u00e9 \u00e0 entendre et qui nous cause une surprise pleine de charme. Mais si, par quelques formes de son style, Mme Ackermann se rapproche du XVIIe si\u00e8cle, elle est bien du n\u00f4tre par le sentiment qui respire dans les pi\u00e8ces o\u00f9 elle parle en son propre nom. Elle appartient \u00e0 cette \u00e9cole des grands d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s, Ch\u00e2teaubriand, Lord Bryon, Shelley, L\u00e9opardi, \u00e0 ces g\u00e9nies \u00e9ternellement tristes et souffrants du mal de vivre, qui ont pris pour inspiration la m\u00e9lancolie.<\/p>\n<p><i>Rapport sur le progr\u00e8s des lettres par MM. Silvestre de Sacy, Paul F\u00e9val, Th. Gautier et E. Thierry<\/i> (1868)<\/p>\n<hr>\n<div align=\"right\"><a href=\"#top\">top<\/a><\/div>\n<h3><a name=\"marchand\"><\/a>Alfred Marchand<\/h3>\n<p>Donc, ce qui a inspir\u00e9 l&#8217;\u0153uvre de Mme Ackermann, c&#8217;est bien une souffrance, une passion, non du c\u0153ur, mais de l&#8217;esprit. C&#8217;est par un effort de l&#8217;imagination qu&#8217;elle s&#8217;est repr\u00e9sent\u00e9 tous les deuils qui frappent les hommes et que, se substituant \u00e0 eux, elle s&#8217;est faite leur interpr\u00e8te. Ce n&#8217;est pas en son nom personnel, c&#8217;est au nom de l&#8217;humanit\u00e9 d\u00e9vor\u00e9e du besoin de justice, d&#8217;amour et de bonheur, et que le positivisme et le darvinisme interpr\u00e9t\u00e9 dans son sens le plus \u00e9troit semblent devoir priver de tout ce qui garantissait la possibilit\u00e9 de conqu\u00e9rir le souverain bien ; c&#8217;est surtout au nom d&#8217;une g\u00e9n\u00e9ration aux yeux de laquelle l&#8217;<em>au-del\u00e0<\/em> menace de s&#8217;\u00e9vanouir avec ses promesses et ses consolations, pour la laisser au plus fort d&#8217;une lutte pour la vie toujours plus \u00e2pre, d&#8217;une m\u00eal\u00e9e toujours plus f\u00e9roce et plus impitoyable ; c&#8217;est au nom de notre g\u00e9n\u00e9ration que Mme Ackermann a parl\u00e9.<\/p>\n<p><i>Po\u00e8tes et penseurs<\/i> (1892)<\/p>\n<hr>\n<div align=\"right\"><a href=\"#top\">top<\/a><\/div>\n<h3><a name=\"martino\"><\/a>Pierre Martino<\/h3>\n<p>C&#8217;est une grande souffrance&#8211;la mort d&#8217;un mari aim\u00e9&#8211;qui persuada Mme Ackermann qu&#8217;elle \u00e9tait vraiment po\u00e8te. Elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9par\u00e9e par sa culture, tr\u00e8s philosophique, point du tout id\u00e9aliste, \u00e0 penser que la vie \u00e9tait mauvaise ; ce deuil lui donna d\u00e9finitivement le go\u00fbt du n\u00e9ant. Elle se jeta passionn\u00e9ment dans la lecture des livres qui pouvaient consolider cette sereine d\u00e9sesp\u00e9rance : Pascal, qui lui fut un ma\u00eetre de scepticisme, Hegel, Spinoza, Kant, Schopenhauer, Berthelot, Littr\u00e9, etc. Tant\u00f4t elle inclinait au panth\u00e9isme, tant\u00f4t elle \u00e9tait une pure positiviste ; elle s&#8217;exaltait contre le christianisme . . . on n&#8217;oublie pas quelques-uns de ses vers, martel\u00e9s en de dures formules.<\/p>\n<p><i>Parnasse et symbolisme<\/i> (1967)<\/p>\n<hr>\n<div align=\"right\"><a href=\"#top\">top<\/a><\/div>\n<h3><a name=\"prudhomme\"><\/a>Sully Prudhomme<\/h3>\n<p>Ses qualit\u00e9s sont pr\u00e9cis\u00e9ment celles qu&#8217;on rencontre le plus rarement chez les \u00e9crivains de son sexe: la vigueur de la pens\u00e9e et l&#8217;\u00e9loquence de l&#8217;expression. Ses cris sont tout virils, le soupir \u00e9l\u00e9giaque, si fr\u00e9quent dans la po\u00e9sie f\u00e9minine, ne l&#8217;est point dans la sienne. . . . . Mme Ackermann a trouv\u00e9 en po\u00e9sie des accents qui lui sont propres pour exprimer le dernier \u00e9lan de l&#8217;\u00e2me humaine aux prises avec l&#8217;inconnu : c&#8217;est l\u00e0 le caract\u00e8re \u00e9minent de son \u0153uvre. Les sujets qu&#8217;elle excelle \u00e0 traiter, tir\u00e9s du probl\u00e8me de la condition de l&#8217;homme, sont d&#8217;un int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur et permanent.<\/p>\n<p><i>Anthologie des po\u00e8tes fran\u00e7ais du XIX<\/i><em><sup>e<\/sup><\/em><i> si\u00e8cle<\/i> (1887-1888)<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/web.colby.edu\/poetes\/ackermann\/\">Retour \u00e0 la page d&#8217;accueil<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J. Barbey d&#8217;Aurevilly Th\u00e9odore de Banville \u00c9mile Caro Th\u00e9ophile Gautier Alfred Marchand Pierre Martino Sully Prudhomme top J. 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