{"id":3867,"date":"2017-06-15T14:55:53","date_gmt":"2017-06-15T18:55:53","guid":{"rendered":"http:\/\/web.colby.edu\/poetes\/?page_id=3867"},"modified":"2021-10-31T21:40:04","modified_gmt":"2021-11-01T01:40:04","slug":"malvina-blanchecotte-conchita","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/malvina-blanchecotte-conchita\/","title":{"rendered":"Malvina Blanchecotte : Conchita"},"content":{"rendered":"<div id=\"poem\" align=\"center\">\n<p class=\"volume-name\" style=\"text-align: center;\"><em>R\u00eaves et r\u00e9alit\u00e9<\/em> (1856)<\/p>\n<h4 class=\"poem-title\" style=\"text-align: center;\">CONCHITA<\/h4>\n<div id=\"center_block\">\n<p>Et moi, je garde aussi mon myst\u00e8re et mon voile !<br \/>\nGrondez, mers ! tonnez, vents ! vous ne saurez plus rien !<br \/>\nJe n\u2019irai plus jeter \u00e0 la vague, \u00e0 l\u2019\u00e9toile,<br \/>\nLes secrets de mon c\u0153ur que vous s\u00fbtes trop bien.<\/p>\n<p>La fascination des sombres harmonies<br \/>\nDes for\u00eats et des flots, de la foudre et des vents,<br \/>\nQui faisait d\u00e9border en notes in\ufb01nies<br \/>\nMon sein tumultueux, plein aussi d\u2019ouragans ;<\/p>\n<p>Cet \u00e9blouissement ne me verra plus folle,<br \/>\nR\u00e9v\u00e9ler mon angoisse au monde indiff\u00e9rent<br \/>\nQui nous raille ou nous rit d\u2019un rire b\u00e9n\u00e9vole :<br \/>\nRien \u00e0 l\u2019homme jamais, tout \u00e0 Dieu qui comprend !<\/p>\n<p>Rien m\u00eame de mes pleurs \u00e0 celui qui s\u2019en joue,<br \/>\nQui m&#8217;a pris mon bonheur et ne me conna\u00eet plus.<br \/>\nJe farderai ma voix comme on farde sa joue :<br \/>\nPlus de soupirs jamais qui seraient entendus !<\/p>\n<p>Ma voix sera joyeuse et joyeux mon sourire,<br \/>\nEt joyeux mon regard, et joyeux mon maintien ;<br \/>\nCeux qui lisaient mon mal ne le pourront plus lire,<br \/>\nOn me trouvera gaie et ne regrettant rien !<\/p>\n<p>Comme on jette \u00e0 la mer son bagage en silence,<br \/>\nJ\u2019ai jet\u00e9 dans mon sein qui s\u2019est ferm\u00e9 dessus,<br \/>\nMon fardeau tout entier, \u00e9croulement immense !<br \/>\nMa mis\u00e8re et mon deuil, et mes r\u00eaves d\u00e9\u00e7us !<\/p>\n<p>Si quelque sanglot sourd quelquefois le soul\u00e8ve,<br \/>\nMon sein, tombe profonde, o\u00f9 gisent tant de morts,<br \/>\nJe me sers de l\u2019orgueil comme on se sert d\u2019un glaive,<br \/>\nPour te vaincre, \u00f4 douleur ! qui remonte et me mords !<\/p>\n<p>Mon front est-il courb\u00e9 ? n\u2019est-il pas fier et digne ?<br \/>\nSi quelquefois il penche et parait s\u2019assombrir,<br \/>\nAh ! c&#8217;est contre moi-m\u00eame, alors, que je m\u2019indigne !<br \/>\nIl ne faut pas ployer, mais se taire et mourir !&#8230;<\/p>\n<p>Au milieu des heureux je passerai rapide,<br \/>\nOh ! bien rapide ! a\ufb01n qu\u2019on ne regarde pas<br \/>\nSi je me sens troubl\u00e9e aupr\u00e8s d\u2019un front limpide,<br \/>\nEt sombre aupr\u00e8s de c\u0153urs qui se parlent tout bas !<\/p>\n<p>Si l\u2019on voit dans mon \u0153il quelque larme furtive,<br \/>\nSi l\u2019on sent dans ma voix quelqu\u2019\u00e9cho d\u00e9chirant,<br \/>\nChantez, amis ! la barque aura touch\u00e9 la rive,<br \/>\nL\u2019angoisse aura bris\u00e9 mon sein en le rouvrant.<\/p>\n<p>Mais tant que je serai forte et que la jeunesse<br \/>\nD\u00e9bordera dans moi comme un fleuve orageux,<br \/>\nOh ! n\u2019esp\u00e9rez jamais que ma plainte renaisse,<br \/>\nO vous que j\u2019invoquais, vents et mers, terre et cieux !<\/p>\n<p>Car moi, je garde aussi mon myst\u00e8re et mon voile !<br \/>\nGrondez, mers ! tonnez, vents ! vous ne saurez plus rien !<br \/>\nJe n\u2019irai plus jeter \u00e0 la vague, \u00e0 l\u2019\u00e9toile,<br \/>\nLes secrets de mon c\u0153ur que vous s\u00fbtes trop bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">__________<\/p>\n<p>Ainsi chantait un jour loin des rives natales,<br \/>\nUne jeune Espagnole aux grands yeux p\u00e9n\u00e9trants ;<br \/>\nEt sa voix se m\u00ealait \u00e0 la voix des rafales<br \/>\nQu\u2019on entendait mugir au-dessus des torrents.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Septembre 1854<\/p>\n<\/div>\n<p><a href=\"http:\/\/web.colby.edu\/poetes\/revesetrealites\/\">Retour \u00e0 la table des mati\u00e8res<\/a><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00eaves et r\u00e9alit\u00e9 (1856) CONCHITA Et moi, je garde aussi mon myst\u00e8re et mon voile ! 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