{"id":3863,"date":"2017-06-15T14:49:42","date_gmt":"2017-06-15T18:49:42","guid":{"rendered":"http:\/\/web.colby.edu\/poetes\/?page_id=3863"},"modified":"2021-10-31T21:43:56","modified_gmt":"2021-11-01T01:43:56","slug":"malvina-blanchecotte-maria","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/malvina-blanchecotte-maria\/","title":{"rendered":"Malvina Blanchecotte : Maria"},"content":{"rendered":"<div id=\"poem\" align=\"center\">\n<p class=\"volume-name\" style=\"text-align: center;\"><em>R\u00eaves et r\u00e9alit\u00e9<\/em> (1856)<\/p>\n<h4 class=\"poem-title\" style=\"text-align: center;\">MARIA<\/h4>\n<div id=\"center_block\">\n<p style=\"text-align: center;\">I<\/p>\n<p><span id=\"indent\">Blonde et r\u00eaveuse Maria,<br \/>\nO svelte et fr\u00eale jeune fille,<br \/>\nRameau que la bise plia,<br \/>\nFleur que d\u00e9chira la faucille,<br \/>\nPauvre enfant sans toit ni famille,<br \/>\nDors-tu bien ton dernier sommeil,<br \/>\nCe sommeil sans fi\u00e8vre et sans r\u00eave ?<br \/>\nO toi qui n\u2019eus aucun soleil,<br \/>\nEnfant errante sur la gr\u00e8ve,<br \/>\nEt dont nul c\u0153ur ne prit le deuil,<br \/>\nEntends-tu qu\u2019une voix s\u2019\u00e9l\u00e8ve<br \/>\nPour te pleurer sur ton cercueil ?<\/span><\/p>\n<p><span id=\"indent\">Ma douce Maria jolie,<br \/>\nVas-tu te r\u00e9veiller un peu,<br \/>\nSourire avec m\u00e9lancolie<br \/>\nDe ta jeune \u00e2me tout en feu ?<br \/>\nDe ces sombres secrets de femme<br \/>\nDont la mort t\u2019a dit le n\u00e9ant,<br \/>\nMais qu\u2019on emporte en expirant<br \/>\nComme un long v\u00eatement de flamme ?<br \/>\nVas-tu te dressant tout \u00e0 coup<br \/>\nDans ton immacul\u00e9 suaire,<br \/>\nMe dire : On sait oublier tout<br \/>\nAu fond du dernier sanctuaire ?<br \/>\nNon ! reste en paix, \u00f4 pauvre enfant !<br \/>\nJe ne viens pas troubler ta cendre ;<br \/>\nSi dans ton c\u0153ur je veux descendre,<\/span><br \/>\nC&#8217;est pour le d\u00e9gager d\u2019un sanglot \u00e9touffant.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">II<\/p>\n<p>Vous la connaissiez, l\u2019enfant p\u00e2le et blonde !<br \/>\nOn la remarquait les longs soirs d\u2019hiver,<br \/>\nSouriant \u00e0 tous, charmant tout le monde,<br \/>\nComme si jamais elle n\u2019e\u00fbt souffert ;<br \/>\nSouffert de l\u2019angoisse et de la faim morne,<br \/>\nQui fait qu\u2019\u00e9puis\u00e9 l\u2019on meurt sur la borne,<br \/>\nSans avoir os\u00e9 demander deux sous :<br \/>\nVous la connaissiez ! vous souvenez-vous ?<\/p>\n<p>Vous souvenez-vous de cet \u0153il limpide,<br \/>\nDe ce front c\u00e9leste et d\u00e9color\u00e9,<br \/>\nDe ces petits pieds au marcher rapide,<br \/>\nDe cette voix grave o\u00f9 l\u2019\u00e2me a pleur\u00e9 ?<br \/>\nVous souvenez-vous de cette main blanche,<br \/>\nEt de ce beau corps \u00e9l\u00e9gant qui penche,<br \/>\nComme portant mal un trop lourd fardeau,<br \/>\nEt cherchant d\u00e9j\u00e0 l\u2019appui du tombeau ?<\/p>\n<p>Oui, vous la voyiez, l\u2019enfant des mansardes,<br \/>\nP\u00e2lir tous les jours, tous les jours mourir ;<br \/>\nPrendre \u00e0 sa fen\u00eatre aux noires l\u00e9zardes<br \/>\nUn peu d\u2019air du ciel, qui la p\u00fbt gu\u00e9rir.<br \/>\nQui de vous s\u2019est dit : Quel mal la consume ?<br \/>\nPourquoi dans sa voix autant d\u2019amertume,<br \/>\nPourquoi sur son front cet air soucieux,<br \/>\nQuand elle se croit loin de tous les yeux?<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">III<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait une ouvri\u00e8re alerte et diligente,<br \/>\nD\u2019un air royal malgr\u00e9 ses haillons d\u2019indigente ;<br \/>\nOn ne lui connaissait que des indiff\u00e9rents,<br \/>\nElle-m\u00eame ignorait le nom de ses parents.<br \/>\nElle ne savait rien de ses jeunes ann\u00e9es,<br \/>\nSinon que l\u2019abandon les \ufb01t infortun\u00e9es,<br \/>\nEt que, croissant toujours, trop de mis\u00e8re en\ufb01n<br \/>\nAvait chang\u00e9 de nom et s\u2019appelait la faim.<br \/>\nElle chantait pourtant ; Dieu l\u2019avait fait po\u00e8te ;<br \/>\nMais son chant n\u2019\u00e9tait pas un doux chant de fauvette,<br \/>\nC&#8217;\u00e9tait le chant aigu de l\u2019oiseau des d\u00e9serts<br \/>\nQui s\u00e8me ses sanglots en traversant les airs,<br \/>\nEt qui laisse de lui dans chaque solitude<br \/>\nQuelque lambeau de cris, quelque sombre pr\u00e9lude.<br \/>\nO vie ! \u00f4 destin\u00e9e ! \u00f4 lugubre combat<br \/>\nDe l\u2019esprit qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve et du corps qui s\u2019abat ;<br \/>\nO vertige de mort ! \u00f4 soif inexorable<br \/>\nDe sommeil, de tombeau. seul abri d\u00e9sirable !<br \/>\nLe pr\u00e9cipice est l\u00e0 d\u00e8s lors qu\u2019il fait trop noir.<br \/>\nDieu tient-il \u00e0 p\u00e9ch\u00e9 l\u2018\u0153uvre du d\u00e9sespoir !&#8230;<br \/>\nMaria dut passer par ces heures fun\u00e8bres&#8230;..<br \/>\nCependant son esprit se gardait des t\u00e9n\u00e8bres :<br \/>\nToute la passion dont son c\u0153ur \u00e9tait plein<br \/>\nSe r\u00e9pandait aux pieds de l&#8217;\u00c8tre souverain.<br \/>\nSa pi\u00e9t\u00e9 pour le Ciel \u00e9tait un fanatisme<br \/>\nQui s\u2019\u00e9levait \u00e0 Dieu dans un doux qui\u00e9tisme,<br \/>\nEt l\u2019e\u00fbt fait affronter les martyres du c\u0153ur,<br \/>\nQui l\u2019\u00e9touffent vivant, mais qui le font vainqueur.<br \/>\nOh ! pourquoi cette vie \u00e0 la fois sainte et rude,<br \/>\nPourquoi cette pi\u00e9t\u00e9, s\u0153ur de la solitude,<br \/>\nCe repos et ce calme aux vierges m\u00e9nag\u00e9s,<br \/>\nFurent-ils en un jour tout \u00e0 coup submerg\u00e9s ?<br \/>\nApr\u00e8s avoir v\u00e9cu de la c\u00e9leste manne,<br \/>\nQui donc vint lui souffler la passion profane<br \/>\nEt d\u00e9tourner son c\u0153ur du but grave et sacr\u00e9,<br \/>\nPour le rendre \u00e0 jamais coupable et d\u00e9chir\u00e9 ?<br \/>\nPourquoi l\u2019avoir fait tendre et l\u2019avoir fait sublime,<br \/>\nMon Dieu ? Donner son c\u0153ur pour un c\u0153ur fut son crime.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">IV<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait un cavalier jeune, aimable et bien fait,<br \/>\nQui produisit, h\u00e9las ! ce d\u00e9sastreux effet.<br \/>\nElle entrevit un jour son front m\u00e9lancolique<br \/>\nParmi le brouhaha d\u2019une f\u00eate publique,<br \/>\nEt de ce moment -l\u00e0 son \u00e2me fut \u00e0 lui,<br \/>\nComme au premier rayon qui dans cette \u00e2me e\u00fbt lui.<br \/>\nUn regard d\u00e9cida de ses jours pleins d\u2019alarmes.<br \/>\nElle ignorait encor tout un ordre de larmes ;<br \/>\nMais d\u00e8s l\u2019instant fatal o\u00f9 l\u2019amour insens\u00e9<br \/>\nVint frapper \u00e0 son c\u0153ur oublieux du pass\u00e9,<br \/>\nL\u2019enfant connut, h\u00e9las ! la torture inou\u00efe<br \/>\nDont il faut expier l\u2019ivresse \u00e9vanouie,<br \/>\nEt les d\u00e9chirements que vaut le souvenir !<br \/>\nMalgr\u00e9 le noir chagrin qu\u2019elle n\u2019e\u00fbt pu bannir,<br \/>\nNul n\u2019e\u00fbt pu soup\u00e7onner, tant son \u00e2me \u00e9tait \ufb01\u00e8re,<br \/>\nQu&#8217;un regret la tuait bien plus que la mis\u00e8re ;<br \/>\nEt quand la mort mit fin \u00e0 sa consomption,<br \/>\nOn dit : C\u2019\u00e9tait la faim et la privation.<br \/>\nOui, c\u2019\u00e9tait bien la faim, mais \u00e0 l\u2019angoisse unie !<br \/>\nNous qui l\u2019avons connue et qui l\u2019avons b\u00e9nie,<br \/>\nNous-m\u00eame nous n\u2019aurions rien su de son tourment<br \/>\nSi, feuilletant un livre apr\u00e8s l\u2019enterrement,<br \/>\nNous n\u2019avions mis la main sur ces pages secr\u00e8tes,<br \/>\nO\u00f9 se trouvaient partout des empreintes muettes<br \/>\nDe larmes, de pri\u00e8re et de frissonnement.<br \/>\nMaria revivait dans tout ce frissonnement.<br \/>\nChaque pli du papier nous d\u00e9peignait son \u00e2me :<br \/>\nIci, c&#8217;\u00e9tait l\u2019enfant, plus loin c\u2019\u00e9tait la femme.<br \/>\nO douce Maria, n\u2019est-ce pas violer<br \/>\nTes secrets et tes vers, que de les r\u00e9v\u00e9ler ?<br \/>\nEt vous qui les lirez, avez-vous l\u2019\u00e2me chaste ?<br \/>\nAvez-vous le c\u0153ur \ufb01er, l\u2019esprit enthousiaste ?&#8230;<br \/>\nPour oser s\u2019approcher des myst\u00e8res divins<br \/>\nIl faut s\u2019en montrer digne, ainsi que font les Saints.<\/p>\n<h4 class=\"poem-title\" style=\"text-align: center;\">R\u00c9PONSE<\/h4>\n<p>\u00ab Que t\u2018importe mon nom ? que t\u2019importe ma vie<br \/>\n\u00ab Que t\u2019importent mes vers ? que t\u2019importent mes pleurs ?<br \/>\n\u00ab Pourquoi, \ufb01er inconnu, viens-tu, l\u2019\u00e2me \u00e9blouie,<br \/>\n\u00ab D\u00e9poser \u00e0 mes pieds des palmes et des fleurs?<\/p>\n<p>\u00ab Que te fait mon pays, mes amis, ma famille ?<br \/>\n\u00ab Tu m\u2019entrevis hier pour la premi\u00e8re fois,<br \/>\n\u00ab Ainsi qu\u2019on voit passer quelque humble jeune fille,<br \/>\n\u00ab Dont on retient au vol \u00e0 peine un son de voix.<\/p>\n<p>\u00ab Que t&#8217;a dit ton regard qui m\u2019enveloppait toute<br \/>\n\u00ab Et qui semblait chercher jusqu\u2019au fond de mon c\u0153ur<br \/>\n\u00ab Pourquoi t\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019instant d\u00e9tourn\u00e9 de ta route,<br \/>\n\u00ab De ta route de paix, de calme et de bonheur ?<\/p>\n<p>\u00ab Oh ! laisse le parfum cach\u00e9 dans le bois sombre.<br \/>\n\u00ab Laisse la fleur mourir sous les flancs du rocher !<br \/>\n\u00ab Suis ton premier chemin, car le mien est plein d\u2019ombre,<br \/>\n\u00ab Car mon ciel est d\u00e9sert : qu\u2019y viendrais-tu chercher ?<\/p>\n<p>\u00ab Comme on oublie un r\u00eave, oh ! s\u2019il se peut, oublie !<br \/>\n\u00ab Dis que tu n\u2019as rien vu, rien senti, rien souffert !<br \/>\n\u00ab Dis que ton \u00e2me est folle et rit de sa folie.<br \/>\n\u00ab Et que ton Elys\u00e9e est encor frais et vert.<\/p>\n<p>\u00ab Quoi ! tu trouves d\u2019hier que la nature est belle !<br \/>\n\u00ab Mon pauvre \u00eatre isol\u00e9 manquait donc au tableau ?<br \/>\n\u00ab Il fallait donc pour toi quelque humaine \u00e9tincelle<br \/>\n\u00ab Qui, du fond d\u2019un regard, te servit de flambeau ?<\/p>\n<p>\u00ab Tais-toi : tu t\u2019es tromp\u00e9 ! retourne avant l\u2019orage !<br \/>\n\u00ab Quelque d\u00e9mon, jaloux de ton bonheur d\u2019hier,<br \/>\n\u00ab \u00c0 souffl\u00e9 devant toi le doute et le mirage,<br \/>\n\u00ab Afin d\u2019humilier ton courage si fier.<\/p>\n<p>\u00ab \u00c0 travers mon regard la nature est moins belle :<br \/>\n\u00ab Tu savais son ivresse, et tu sais sa douleur !<br \/>\n\u00ab Pourquoi viens-tu puiser dans la coupe cruelle<br \/>\n\u00ab O\u00f9 le destin \u00e0 flots m\u2019a vers\u00e9 le malheur ?<\/p>\n<p>\u00ab Pourquoi viens-tu parler de printemps et de roses<br \/>\n\u00ab Au front qu\u2019aucun soleil n\u2019a fait \u00e9panouir,<br \/>\n\u00ab Et d\u2019o\u00f9 le dur contact des hommes et des choses<br \/>\n\u00ab \u00c0 chass\u00e9 le rayon qui dut s\u2019\u00e9vanouir ?<\/p>\n<p>\u00ab Pourquoi viens-tu r\u00e9pandre en paroles de flamme,<br \/>\n\u00ab En regards suppliants et voil\u00e9s \u00e0 demi,<br \/>\n\u00ab Tous les tr\u00e9sors cach\u00e9s de l\u2019esprit et de l\u2019\u00e2me,<br \/>\n\u00ab Comme ferait un c\u0153ur depuis longtemps ami ?<\/p>\n<p>\u00ab Eh ! que sais-tu du mien, de mon c\u0153ur plein d\u2019angoisse ?<br \/>\n\u00ab Pour te lier en lui, qu\u2019a donc r\u00e9v\u00e9l\u00e9 Dieu ?<br \/>\n\u00ab Car lui seul sait son mal, qu\u2019il s\u2019apaise ou s\u2019accroisse,<br \/>\n\u00ab Que je sourie ou pleure en face du ciel bleu.<\/p>\n<p>\u00ab Pour arriver \u00e0 moi t\u2019a-t-il montr\u00e9 la route ?<br \/>\n\u00ab T\u2019a-t-il dit mon pass\u00e9 ? t\u2019a-t-il donn\u00e9, dis-moi,<br \/>\n\u00ab La clef de mon silence alors qu\u2019en moi j\u2019\u00e9coute ?<br \/>\n\u00ab T&#8217;a-t-il dit que je souffre, et t\u2019a-t-il dit pourquoi ?<\/p>\n<p>\u00ab Non ! il ne t\u2019a rien dit, tu ne sais rien ; tu passes,<br \/>\n\u00ab Et voyant mon front calme et mon regard d\u2019enfant,<br \/>\n\u00ab Tu ris de mes regrets ou bien tu les effaces,<br \/>\n\u00ab Comme un d\u00e9bris de fleur qu\u2019enl\u00e8ve un coup de vent.<\/p>\n<p>\u00ab Il est bien tard pourtant pour m\u2019avoir rencontr\u00e9e ;<br \/>\n\u00ab Mon matin est parti, je ne l\u2019ai pas connu.<br \/>\n\u00ab Ma vie \u00e0 son berceau parut d\u00e9color\u00e9e :<br \/>\n\u00ab Il est bien tard !&#8230; Pourquoi plus t\u00f4t n\u2019es-tu venu ?<\/p>\n<p>\u00ab \u00c0 pr\u00e9sent le tombeau m\u2019appelle, il veut sa proie ;<br \/>\n\u00ab Tous mes secrets de pleurs il les veut renfermer.<br \/>\n\u00ab Renferme aussi les tiens, si tu veux que j\u2019y croie !<br \/>\n\u00ab Mais tu p\u00e2lis ! Pourquoi&#8230; pourquoi viens-tu m\u2019aimer?<\/p>\n<p>\u00ab Pourquoi viens-tu m\u2019aimer et traverser ma vie,<br \/>\n\u00ab L\u2019inonder de regards et de rayonnement,<br \/>\n\u00ab Et plonger la torture en ton \u00e2me asservie<br \/>\n\u00ab Qui cherchait le bonheur et trouva le tourment ?<\/p>\n<p>\u00ab Oh ! non ! ne m\u2019aimez pas ! allez o\u00f9 va le monde !<br \/>\n\u00ab Adieu ! rien ici-bas ne nous peut r\u00e9unir !<br \/>\n\u00ab Abjurez pour jamais cette amiti\u00e9 profonde :<br \/>\n\u00ab J&#8217;eus peur d&#8217;y croire, h\u00e9las ! et de m\u2019en souvenir ! \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">II<\/p>\n<h4 class=\"poem-title\" style=\"text-align: center;\">REGRETS<\/h4>\n<p>\u00ab Eh bien ! j\u2019avais menti dans mon \u00e2me insens\u00e9e !<br \/>\n\u00ab Mon c\u0153ur n\u2019\u00e9tait pas mort : il n\u2019\u00e9tait qu\u2019endormi !<br \/>\n\u00ab Et quand tu me quittas je devins oppress\u00e9e,<br \/>\n\u00ab Et je redis ton nom comme un doux nom d\u2019ami !<\/p>\n<p>\u00ab Oh oui ! j\u2019avais menti dans ma fiert\u00e9 hautaine !<br \/>\n\u00ab J\u2019avais des chants d\u2019amour qu\u2019on e\u00fbt pu ranimer ;<br \/>\n\u00ab Et quand je te disais : L\u2019oubli vient et m\u2019entra\u00eene,<br \/>\n\u00ab Il est trop tard, va-t\u2019en ! je ne veux plus aimer ;<\/p>\n<p>\u00ab Oh ! je ne savais pas qu\u2019une douleur profonde<br \/>\n\u00ab M\u2019\u00e9treindrait pour jamais en t\u2019\u00e9loignant de moi,<br \/>\n\u00ab Et que je porterais seule \u00e0 travers le monde<br \/>\n\u00ab Le deuil d\u2019un souvenir qui me ram\u00e8ne \u00e0 toi !<\/p>\n<p>\u00ab Oh ! je ne savais pas que je t\u2019aimais moi-m\u00eame,<br \/>\n\u00ab Et que ton doux regard que j&#8217;osais affronter,<br \/>\n\u00ab Se graverait en moi comme ta voix supr\u00eame,<br \/>\n\u00ab Ta voix que jamais plus je ne peux \u00e9couter !<\/p>\n<p>\u00ab Qu&#8217;elle est tendre pourtant ta voix m\u00e9lodieuse,<br \/>\n\u00ab Ta jeune voix tremblante, au souffle inspirateur !<br \/>\n\u00ab Je crois l\u2019entendre encor fra\u00eeche et myst\u00e9rieuse,<br \/>\n\u00ab Ainsi qu\u2019un pleur divin retombe sur mon c\u0153ur !<\/p>\n<p>\u00ab Quoi ! j\u2019ai pu t&#8217;\u00e9loigner pour jamais ! j\u2019ai pu, folle !<br \/>\n\u00ab Te dire en souriant un adieu glacial,<br \/>\n\u00ab Et ne rien ajouter \u00e0 ma dure parole,<br \/>\n\u00ab Ne rien att\u00e9nuer de ce mot si fatal !<\/p>\n<p>\u00ab Quoi ! pour jamais enfuie, \u00f4 vision sacr\u00e9e !<br \/>\n\u00ab Quoi ! pour jamais perdue, ivresse de l\u2019aveu !<br \/>\n\u00ab O voix qui vibre encor dans mon \u00e2me \u00e9plor\u00e9e,<br \/>\n\u00ab O regard dont mon c\u0153ur a conserv\u00e9 le feu !<\/p>\n<p>\u00ab Tu m\u2019as trop \u00e9cout\u00e9e, et je suis bien punie !<br \/>\n\u00ab C\u2019est moi qui l\u2019ai voulu : je ne te verrai plus !<br \/>\n\u00ab Ma vie erre sans toi qui me l\u2019aurais b\u00e9nie,<br \/>\n\u00ab Il n\u2019\u00e9tait pas trop tard : \u00f4 regrets super\ufb02us !<\/p>\n<p>\u00ab Oui, je me suis tromp\u00e9e, et pourtant tu m\u2019as crue !<br \/>\n\u00ab Pour ne plus revenir tu m\u2019as pu dire adieu.<br \/>\n\u00ab La v\u00e9rit\u00e9 cruelle, h\u00e9las ! m\u2019est apparue<br \/>\n\u00ab Depuis, dans mon angoisse, entre mon c\u0153ur et Dieu !<\/p>\n<p>\u00ab Il m\u2019aimait ! il m\u2019aimait ! et j\u2019ai froiss\u00e9 son \u00e2me !<br \/>\n\u00ab J\u2019ai chass\u00e9 le rayon qui me venait d\u2019en haut !<br \/>\n\u00ab Mais, le voile entr&#8217;ouvert, j\u2019ai senti, faible femme,<br \/>\n\u00ab Que mon bonheur r\u00eav\u00e9 mourait dans un sanglot !<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019\u00e9tait la le parfum r\u00e9pandu sur ma route,<br \/>\n\u00ab C\u2019\u00e9tait le c\u0153ur aimant envoy\u00e9 pour mon c\u0153ur,<br \/>\n\u00ab C\u2019\u00e9tait la foi c\u00e9leste apr\u00e8s les jours de doute,<br \/>\n\u00ab La couronne d\u2019\u00e9lu mise \u00e0 mon front vainqueur !<\/p>\n<p>\u00ab Oh ! si l\u2019immensit\u00e9 n\u2019a pas mis sa barri\u00e8re<br \/>\n\u00ab Entre notre destin violemment s\u00e9par\u00e9,<br \/>\n\u00ab Reviens \u00e0 mon amour, reviens \u00e0 ma pri\u00e8re,<br \/>\n\u00ab Viens voir que j\u2019ai souffert, viens voir que j\u2019ai pleur\u00e9 !<\/p>\n<p>\u00ab Pour te revoir un jour, pour te revoir une heure,<br \/>\n\u00ab Te revoir un moment et r\u00e9tracter l\u2019adieu,<br \/>\n\u00ab Oh ! je donnerais tout ce qu\u2019on ch\u00e9rit et pleure,<br \/>\n\u00ab Ces beaux jours de jeunesse o\u00f9 l\u2019amour seul est Dieu !<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">III<\/p>\n<h4 class=\"poem-title\" style=\"text-align: center;\">CE N&#8217;\u00c9TAIT PAS L&#8217;ADIEU !<\/h4>\n<p>\u00ab Ce n\u2019\u00e9tait pas l\u2019adieu : je t\u2019ai revu, tu m\u2019aimes !<br \/>\n\u00ab Tous deux sans nous parler nous sommes pris la main,<br \/>\n\u00ab Et nos regards tremblants se rencontrent d\u2019eux-m\u00eames<br \/>\n<span id=\"indent\">\u00ab Se sont dit : \u00c0 demain !<\/span><\/p>\n<p>\u00ab \u00c0 demain, a toujours ! Dieu m\u00eale nos deux vies !<br \/>\n\u00ab Qu\u2019il fasse sombre ou clair dans la nuit de mes jours,<br \/>\n\u00ab Que de chagrins plus grands mes peines soient suivies,<br \/>\n<span id=\"indent\">\u00ab J\u2019esp\u00e9rerai toujours.<\/span><\/p>\n<p>\u00ab Car dans mes durs sentiers o\u00f9 nulle herbe ne pousse,<br \/>\n\u00ab Je n\u2019avais rencontr\u00e9 que cailloux meurtriers :<br \/>\n\u00ab \u00c0 pr\u00e9sent j\u2019ai trouv\u00e9 de frais tapis de mousse<br \/>\n<span id=\"indent\">Pour y peser mes pieds !<\/span><\/p>\n<p>\u00ab \u00c0 pr\u00e9sent j\u2019ai trouv\u00e9 la fleur myst\u00e9rieuse<br \/>\n\u00ab Dont le parfum cach\u00e9 vient consoler le c\u0153ur,<br \/>\n\u00ab Et je l\u2019enferme en moi, con\ufb01ante et rieuse<br \/>\n<span id=\"indent\">Comme un baume enchanteur!<\/span><\/p>\n<p>\u00ab Je ne me souviens plus des angoisses pass\u00e9es,<br \/>\n\u00ab Des r\u00eaves en d\u00e9bris qui m\u2019accablaient d\u2019effroi ;<br \/>\n\u00ab Je ne me souviens plus de mes tristes pens\u00e9es,<br \/>\n<span id=\"indent\">\u00ab Puisque tu viens \u00e0 moi !<\/span><\/p>\n<p>\u00ab Puisque j\u2019ai reconnu l\u2019\u00e2me s\u0153ur de la mienne,<br \/>\n\u00ab \u00c0 moiti\u00e9 de la route o\u00f9 j\u2019allais expirer,<br \/>\n\u00ab Puisque mon agonie est maintenant la tienne,<br \/>\n<span id=\"indent\">\u00ab Puisque tu sais pleurer !<\/span><\/p>\n<p>\u00ab Oh ! cet amour supr\u00eame \u00e9prouv\u00e9 par les anges,<br \/>\n\u00ab Que le c\u0153ur dit au c\u0153ur et la main \u00e0 la main,<br \/>\n\u00ab Ne peut finir ainsi que ces amours \u00e9tranges<br \/>\n<span id=\"indent\">\u00ab \u00c9teints sans lendemain.<\/span><\/p>\n<p>\u00ab Dis-le-moi, dis-le-moi ! car je doute sans cesse !<br \/>\n\u00ab Avant de t\u2019avoir vu je niais le bonheur !<br \/>\n\u00ab Et j\u2019ai besoin encor que ta voix me caresse,<br \/>\n<span id=\"indent\">\u00ab Pour rassurer mon c\u0153ur !<\/span><\/p>\n<p>\u00ab Dis-le-moi, dis-le-moi, qu\u2019\u00e0 jamais dans la vie<br \/>\n\u00ab Je te trouverai l\u00e0 pour croire et pour prier !<br \/>\n\u00ab Dis-moi qu\u2019entrelac\u00e9e \u00e0 ton \u00e2me ravie,<br \/>\n<span id=\"indent\">\u00ab Tu ne peux m\u2019oublier !<\/span><\/p>\n<p>\u00ab Vois-tu, si tu venais comme on vient au passage,<br \/>\n\u00ab Ramasser une fleur et la perdre en chemin,<br \/>\n\u00ab Il faudrait t\u2019infliger le douloureux courage<br \/>\n<span id=\"indent\">\u00ab De t&#8217;\u00e9loigner soudain !<\/span><\/p>\n<p>\u00ab Vois-tu, le c\u0153ur se fait \u00e0 la d\u00e9sesp\u00e9rance :<br \/>\n\u00ab J\u2019ai peur que ton amour ne soit qu\u2019un passe-temps ;<br \/>\n\u00ab J\u2019ai peur de mon bonheur plus que de ma souffrance :<br \/>\n<span id=\"indent\">\u00ab R\u00e9ponds, r\u00e9ponds ! j\u2019attends !<\/span><\/p>\n<p>\u00ab Si tu viens seulement pour resplendir une heure,<br \/>\n\u00ab Puis te voiler ensuite et ne plus revenir,<br \/>\n\u00ab Fuis, \u00f4 ma blonde \u00e9toile, avant qu\u2019on ne te pleure<br \/>\n<span id=\"indent\">\u00ab On meurt d\u2019un souvenir !<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">IV<\/p>\n<h4 class=\"poem-title\" style=\"text-align: center;\">SI ! C&#8217;\u00c9TAIT L&#8217;ADIEU !<\/h4>\n<div class=\"epigraph\">\u00ab Farewell, Farewell !<\/div>\n<p>\u00ab Si ! c\u2019\u00e9tait bien l\u2019adieu : nous avons fait un r\u00eave !<br \/>\n\u00ab Tu ne m\u2019as point parl\u00e9&#8230;.. je ne t\u2019ai point connu !<br \/>\n\u00ab Cet aveu du regard que le silence ach\u00e8ve,<br \/>\n\u00ab C\u2019\u00e9tait un r\u00eave!!! et nul ne s\u2019en est souvenu !&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab Ta main n\u2019a point press\u00e9 ma main emprisonn\u00e9e&#8230;<br \/>\n\u00ab Ta voix n\u2019a point trembl\u00e9&#8230;.. je n\u2019ai point tressailli !<br \/>\n\u00ab Et la foi de ton c\u0153ur tu ne l\u2019as point donn\u00e9e!&#8230;<br \/>\n\u00ab Tu n\u2019es jamais venu, pensif et recueilli&#8230;..<\/p>\n<p>\u00ab Non, tu n\u2019es pas venu, car tu viendrais encore !&#8230;..<br \/>\n\u00ab Tu n\u2019as jamais aim\u00e9 puisque tu n\u2019aimes plus !&#8230;<br \/>\n\u00ab Tu flottais ind\u00e9cis dans ton c\u0153ur qui s\u2019ignore,<br \/>\n\u00ab Et c\u2019est \u00e0 l\u2019abandon que tu te r\u00e9solus !<\/p>\n<p>\u00ab Non! tu n\u2019es pas venu&#8230;.. je me suis abus\u00e9e&#8230;..<br \/>\n\u00ab Ce regard n\u2018\u00e9tait pas ton regard ; cette voix,<br \/>\n\u00ab Ce n\u2019\u00e9tait pas la voix de ton \u00e2me embras\u00e9e&#8230;<br \/>\n\u00ab Nous nous sommes tous deux r\u00e9veill\u00e9s \u00e0 la fois !<\/p>\n<p>\u00ab Ce que j\u2019avais cru voir, tu n\u2019en fus que l\u2019embl\u00e8me ;<br \/>\n\u00ab Ce que je crus entendre, h\u00e9las ! c\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9cho<br \/>\n\u00ab D\u2019une voix inconnue ici-bas : voix supr\u00eame<br \/>\n\u00ab Dont nous allons porter le myst\u00e8re au tombeau !<\/p>\n<p>\u00ab Ton image a pass\u00e9, mon id\u00e9al me reste !<br \/>\n\u00ab Ma pens\u00e9e a repris son vol interrompu<br \/>\n\u00ab Et verse aux pieds de Dieu, comme un parfum c\u00e9leste,<br \/>\nLe secret d\u2019un amour dont tu n\u2019as pas voulu !<\/p>\n<p>\u00ab Tu ne l\u2019as pas voulu, cet amour ineffable !<br \/>\n\u00ab Il fallait \u00e0 ton c\u0153ur, sombre comme la mer,<br \/>\n\u00ab D\u2019orageux sentiments qui font l\u2019\u00e2me coupable<br \/>\n\u00ab Et vou\u00e9e \u00e0 jamais au repentir amer !<\/p>\n<p>\u00ab Eh bien ! c\u2019est pour toujours ! et sans retour possible !<br \/>\n\u00ab Adieu ! j&#8217;avais raison dans mon pressentiment !&#8230;<br \/>\n\u00ab Le doute me criait, implacable, impassible :<br \/>\n\u00ab C\u2019est l\u2019\u00e9preuve d\u2019un r\u00f4le, et son regard te ment !<\/p>\n<p>\u00ab Adieu !&#8230; Le bruit du monde \u00e9touffe bien des larmes,<br \/>\n\u00ab Les d\u00e9senchantements pour ton c\u0153ur sont l\u00e9ger !<br \/>\n\u00ab Morte est notre entrevue et mortes mes alarmes :<br \/>\n\u00ab Nous sommes l\u2019un \u00e0 l\u2019autre \u00e0 pr\u00e9sent \u00e9trangers !<\/p>\n<p>\u00ab On peut vous rencontrer et vous dire : Je t\u2019aime !<br \/>\n\u00ab \u00c0 genoux, devant Dieu, suppliant et pleurant,<br \/>\n\u00ab Puis s\u2019abjurer ensuite, \u00f4 trois fois anath\u00e8me !<br \/>\n\u00ab Et passer pr\u00e8s de vous comme un indiff\u00e9rent.<\/p>\n<p>\u00ab Je ne le savais pas : j\u2019ignorais tant de choses !<br \/>\n\u00ab Inhabile au bonheur que je n\u2019esp\u00e9rais plus,<br \/>\n\u00ab J\u2019embellis l\u2019\u00e2me et crus \u00e0 des m\u00e9tamorphoses&#8230;<br \/>\n\u00ab Mes temps d\u2019illusions n&#8217;\u00e9taient pas r\u00e9volus !<\/p>\n<p>\u00ab Adieu !&#8230; tout est \ufb01ni ! tu n\u2019as rien su comprendre !<br \/>\n\u00ab Adieu !&#8230; c\u2019\u00e9tait un songe : il est bien expi\u00e9 !<br \/>\n\u00ab Il restait un regret que tu devais m\u2019apprendre,<br \/>\n\u00ab Je gardais une \ufb02eur que vint broyer ton pi\u00e9 !<\/p>\n<p>\u00ab Ah ! puisses-tu jamais n&#8217;effleurer ce myst\u00e8re !<br \/>\n\u00ab Prends garde \u00e0 ta pens\u00e9e et crains le souvenir !<br \/>\n\u00ab Il n\u2019est pas deux amours pareils sur cette terre :<br \/>\n\u00ab Le sentiment moqu\u00e9 pourrait bien revenir !<\/p>\n<p>\u00ab Alors, malheur \u00e0 toi ! malheur \u00e0 ton blasph\u00e8me !<br \/>\n\u00ab J\u2019aurais ton oubli\u00e9, moi que tu fascinas !<br \/>\n\u00ab Je renierai ton nom, je ne saurai plus m\u00eame<br \/>\n\u00ab Si je souffris le jour o\u00f9 tu m\u2019abandonnas.<\/p>\n<p>\u00ab Adieu ! \u2014 Ce mot pour moi ne contient plus de larmes !<br \/>\n\u00ab J\u2019ignorais qu&#8217;il gard\u00e2t tant de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9,<br \/>\n\u00ab Et qu\u2019\u00e0 le prononcer le c\u0153ur trouv\u00e2t des charmes !<br \/>\n\u00ab Oh ! l\u2019extr\u00eame amertume est une volupt\u00e9 ! \u00bb&#8217;<\/p>\n<p>Dors ton dernier sommeil, enfant douce et candide !<br \/>\nCelui qui t\u2019a tu\u00e9e et ne s\u2019en doutait pas,<br \/>\nCourt fi\u00e9vreux au plaisir, seul souci qui le guide ;<br \/>\nTa tombe ne saurait l\u2019arr\u00eater dans ses pas.<br \/>\nIl \u00e9tait grand seigneur, et toi pauvre ouvri\u00e8re ;<br \/>\nLa curiosit\u00e9 le mit seul \u00e0 tes pieds.<br \/>\nNe savais-tu donc pas qu\u2019il est une barri\u00e8re<br \/>\nQue rien ne peut franchir, m\u00eame les v\u0153ux altiers.<br \/>\nM\u00eame l\u2019essor du c\u0153ur, ni l\u2019aile du g\u00e9nie&#8230;<br \/>\nDors ! l\u2019eau d\u2019un frais ruisseau m\u00eale son harmonie<br \/>\nAu murmure plaintif des peupliers des bois ;<br \/>\nDors ! le doux rossignol pr\u00e9lude avec sa voix,<br \/>\nLa nuit a d\u00e9ploy\u00e9 son voile \u00e9pais et sombre,<br \/>\nEt je suis l\u00e0 qui veille et te parle dans l&#8217;ombre.<\/p>\n<\/div>\n<p><a href=\"http:\/\/web.colby.edu\/poetes\/revesetrealites\/\">Retour \u00e0 la table des mati\u00e8res<\/a><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00eaves et r\u00e9alit\u00e9 (1856) MARIA I Blonde et r\u00eaveuse Maria, O svelte et fr\u00eale jeune fille, Rameau que la bise plia, Fleur que d\u00e9chira la faucille, Pauvre enfant sans toit ni famille, Dors-tu bien ton dernier sommeil, Ce sommeil sans&#8230; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/malvina-blanchecotte-maria\/\">Continue Reading &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":6934,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"template-fullwidth.php","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3863"}],"collection":[{"href":"https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6934"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3863"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3863\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8582,"href":"https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3863\/revisions\/8582"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/web.colby.edu\/poetes\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3863"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}